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Le choc des cerveaux à l’EPFL

Le secrétaire d'Etat Charles Kleiber a plaidé pour la mise en réseau des savoirs et des compétences. Keystone Archive

Plus de 500 personnes vendredi pour la Journée de la science de l'EPFL, sur le thème de la mise en réseau. Des neurones comme des compétences universitaires.

Organisée pour la seconde année consécutive, cette journée se veut d’abord un lieu de rencontres entre scientifiques des Hautes Ecoles romandes, chercheurs du secteur privé et autorités politiques.

Trois orateurs au menu de cette édition 2001. Deux chercheurs américains renommés dans le domaine des neurosciences sont venus exposer les dernières avancées dans la compréhension des réseaux de neurones qui constituent le cerveau humain.

Les réseaux étaient également au centre de l’exposé du secrétaire d’Etat à la science et à la recherche Charles Kleiber, venu parler de la politique scientifique de la Suisse.

Travailler ensemble

Mais ici bien sûr, c’est d’un autre type de réseaux qu’il s’agit. Pour Charles Kleiber, l’émiettement du savoir, la logique des territoires qui freine la coopération entre les universités et l’insuffisance du lien social qui limite les échanges entre la science et la cité menacent directement la dynamique du progrès scientifique.

Pour y remédier, il est urgent de créer des liens. Selon le secrétaire d’Etat, les équipes de recherche doivent réunir des individus libres et complémentaires, travaillant sur des objectifs communs avec des ressources et des valeurs partagées. Et au besoin en ignorant les frontières des disciplines, des institutions et des nations.

En Suisse, les choses commencent d’ailleurs à évoluer dans ce sens, avec le programme pionnier de coopération entre les Universités de Genève, de Lausanne et l’EPFL. Autre exemple encourageant cité par Charles Kleiber: la création d’une faculté vétérinaire commune entre Berne et Zurich.

Le cerveau n’est pas une machine

Suivant celui du secrétaire d’Etat, l’exposé du Prix Nobel de médecine Gerald M. Edelman, directeur du Neurosciences Institute de La Jolla (Californie) entraîne l’assistance dans les méandres du cerveau humain. Aujourd’hui, les recherches de pointe suggèrent de plus en plus que son fonctionnement n’est pas réductible à celui d’un super-ordinateur.

Sous le titre «comment la matière devient imagination», le savant américain a exposé sa théorie, dite du «darwinisme neuronal». Selon ce modèle, les mécanismes de la pensée se construiraient par une succession d’essais renforcés par la répétition, en interconnectant des neurones en réseaux.

Autrement dit, il n’y aurait pas dans le cerveau de câblage spécifié à l’avance, comme dans un ordinateur traditionnel. Au fur et à mesure que l’individu acquiert de l’expérience, les connexions les plus utilisées se renforcent, et les autres disparaissent.

Edelman insiste bien sur la complexité du câblage neuronal, que l’on peut traduire par une image: il y a dans le cerveau beaucoup de gens qui font tous des choses différentes, mais qui s’informent tous en même temps les uns les autres de ce qu’ils font. Il n’y aurait donc pas de superviseur central qui apporterait de la cohérence à la perception.

Le cerveau sous surveillance

Autre grand spécialiste du cerveau, le professeur Kamil Ugurbil, du département de radiologie de l’Université du Minnesota est venu présenter l’utilisation de l’imagerie par résonance magnétique dans l’étude de l’activité cérébrale.

Cette méthode non-invasive permet d’obtenir des images d’une précision de l’ordre de la fraction du millimètre et d’une magnitude directement proportionnelle aux signaux électriques générés par les neurones. Son utilisation a véritablement révolutionné l’étude du fonctionnement du cerveau.

Marc-André Miserez

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