Au nom de la sacro-sainte économie
Les jeunes se sentent souvent exclus des négociations (Téléjournal de la RTS du 07.12.2015)
Ça y est, on est entré dans la dernière ligne droite. Après les beaux discours des chefs d’Etat, après une semaine de négociations laborieuses sous la houlette des «co-chairs», les ministres ont pris le relais. Sur le papier, ils sont venus pour parler climat. Après tout, ils sont presque tous «Ministre de l’Environnement», «Ministre de la Protection de la Nature» ou «Ministre des Changements Climatiques». Pour la Suisse, c’est Doris Leuthard, Cheffe du Département fédéral de l’environnement, des transports, de l’énergie et de la communication (DETEC), qui est en charge.
Et pourtant, force est de constater que l’économie reste au cœur des débats. La question du financement climatique n’est toujours pas réglée. Les pays en développement veulent s’assurer que le mécanisme d’aide à la mitigation et à l’adaptation, financé par les pays industrialisés et qui doit atteindre 100 milliards de dollars par an en 2020, continue à augmenter après cette échéance. Les pays industrialisés se chamaillent pour savoir qui doit mettre combien sur la table. Et l’Arabie saoudite, dont l’économie est presque exclusivement basée sur le pétrole (et qui est elle représentée par son ministre… du pétrole), fait tout pour ralentir les négociations.
À l’extérieur des salles de conférence, le constat est le même. L’exposition «Solutions COP21», ouverte au grand public en plein centre de Paris, pue le «greenwashing». Des entreprises comme Engie, Veolia ou Coca-Cola font la promotion de leurs solutions «vertes» à grands coups de slogans accrocheurs, de nouvelles technologies tape-à-l’œil… et de gros sous! Certaines firmes ont dépensé jusqu’à 250’000 euros pour leurs stands. Mais derrière cette vitrine verte, il y a des investissements tout sauf écolos, en témoignent les trente centrales à charbon qu’Engie possède.
Le développement durable a, dit-on, trois piliers: économique, social et environnemental. Certains semblent pourtant plus soutenus que d’autres…
David Tschan, membre de la délégation Swiss Youth for Climate à la COP 21
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