Sydney: des Jeux olympiques sans EPO?
Des membres du CIO, ainsi que des experts indépendants, sont réunis pour deux jours à Lausanne. Ils examinent les deux premières méthodes développées pour détecter l´érythroploïétine (EPO). Ces tests pourraient être mis en place pour les JO de Sydney.
L’intérêt de l’EPO, l’érythropoïétine, c’est qu’elle augmente la résistance à l’effort. Cette substance produit, en effet, des globules rouges qui améliorent l’oxygénation du sang. Les méthodes de détection examinées lundi et mardi à Lausanne sont le test urinaire mis au point par le laboratoire français de Châtenay-Malabry et un test sanguin, conçu par des Australiens.
Voilà en fait bientôt deux ans que les chercheurs australiens planchent sur ce nouveau moyen de dépistage. Leur approche est inédite: au lieu de chercher la présence d’EPO, ils ont mis au point un test qui décèle les effets de la prise de ce produit dopant.
Le résultat obtenu serait plus fiable que celui d’un test urinaire. «Les produits dopants disparaissent de l’organisme en quelques jours. Avec les tests urinaires, il y a donc des problèmes pour déceler l’EPO. Grâce aux tests sanguins, nous pouvons repérer lorsque quelqu’un utilise de l’EPO ou en a utilisé plusieurs jours auparavant», explique Robin Parisotto, le directeur du laboratoire australien.
L’autre avantage, c’est que les machines d’analyses sanguines sont utilisées depuis longtemps en laboratoire, qu’elles sont rodées. «Vous pouvez donc analyser des centaines de milliers d’échantillons en une journée, si besoin est, poursuit Robin Parisotto. Avec les tests urinaires, une vingtaine seulement. Je pense, en fait, que le test sanguin est un complément du test urinaire».
Pour parvenir à ce résultat, une équipe de douze chercheurs a testé des centaines d’échantillons venus de pays étrangers, notamment du Kenya ou de Malaisie. Des études financées par le gouvernement australien et le CIO, à hauteur d’environ un million de dollars chacune.
Pour que le test soit mis en place, il faut maintenant que le CIO l’approuve. Jacques Rogge, président de la Commission de coordination, a assuré que si le test est approuvé, JO obligent, la procédure de validation sera accélérée. Le délai habituel d’un an sera réduit à quelques semaines.
Nathalie Tourret, Sydney
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