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Un match rude pour un score incertain sur l’ONU

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Partisans et adversaires de l'adhésion à l'ONU n'ont plus qu'une cinquantaine de jours pour convaincre les citoyens suisses de dire oui ou non.

La trêve des confiseurs n’est déjà plus qu’un lointain souvenir et il n’aura fallu que deux jours pour véritablement lancer la campagne du 3 mars sur l’entrée ou non de la Suisse à l’ONU. Les adversaires ouvrent les feux, le Conseil fédéral contre-attaque.

Voilà la première image du débat, celle d’un gouvernement qui, sur le terrain des objections «à la hache» et des réponses juridico-diplomatiques, doit d’emblée jouer la défense et courir après un score qui ne lui semble pas acquis d’avance.

En cela, il suit une logique connue: plutôt que de proposer lui-même l’adhésion, il avait déjà attendu qu’un comité d’initiative réunisse non sans peine les signatures nécessaires au scrutin. Quel risque, quand on sait que rares sont les initiatives gagnantes!

Campagne terre-à-terre

On dit les «Neinsager» en perte de vitesse, ce que des sondages contradictoires ne confirment pas. On les dit aussi hésitants et moins compacts. Ce qui reste à prouver. Et l’on sourit ou l’on s’attriste de leurs slogans et de leurs affiches d’un autre âge.

Voici donc l’autre image de campagne, celle où l’on est à peu près sûr que le débat ne prendra pas de hauteur. Adieu le vocabulaire d’ouverture, d’engagement, de solidarité et autres idéaux. Il ne sera question que de pesées d’intérêts: l’ONU, c’est bon pour la Suisse. Ou ça ne l’est pas.

On aurait pourtant aimé, comme dans n’importe quelle bataille électorale, deviner derrière les slogans un vrai projet politique, constructif à défaut d’être audacieux, et participatif même si la voix de la Suisse ne pèse pas d’un grand poids dans la prétendue communauté des nations.

Les cantons d’abord

Réalisme oblige, la victoire – ou la défaite, c’est selon – se jouera sur le terrain. En Suisse alémanique d’abord, et dans certains cantons clés comme Saint-Gall, Lucerne ou Argovie. Puisque, au bout du compte, c’est la majorité des États qui devrait faire pencher la balance.

Tant Joseph Deiss que Christoph Blocher ont devant eux un agenda bien rempli qui les fera voyager dans tout le pays. Avec l’avantage, pour le second, qu’il pourra compter sur des supporters prêts à se déplacer en nombre vers n’importe quel forum.

Sur ce terrain-là, la conviction et la qualité des arguments ne suffisent pas. Il y faut plus encore le talent de convaincre et la force de persuasion. Rien n’est vraiment joué. La Suisse peut encore décider de rester devant la porte de l’ONU. Ou d’y entrer à reculons. Ce qui, dans un cas comme dans l’autre, ne servira pas son image.

Bernard Weissbrodt

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