Un tour du monde au service de la science
50 000 kilomètres sur un planeur de 17 mètres d'envergure, c'est le défi lancé par un Suisse résident au Brésil. Un exploit sportif doublé d'une expérience scientifique. L'avion est en effet chargé de récolter des données sur l'état de la pollution de l'atmosphère à basse altitude.
Gérard Moss a quitté le Brésil le 21 juin à bord d’un Ximango de 850 kilos. Son objectif: réaliser le premier tour du monde à bord d’un motoplaneur. Un exploit qui serait en bonne voie de réalisation. En effet, seul dans un cockpit qui ne dépasse pas les 80 cm de large, Gérard Moss a déjà parcouru près de 40 000 kilomètres.
A l’aéroport de la Blécherette
Il a ainsi survolé l’Amazonie et l’Amérique du Nord. Il a passé le détroit de Béring, plané au-dessus de la Sibérie pour rejoindre l’Asie du sud-est, puis le Proche-Orient. Et enfin, jeudi dernier, après une course contre la montre pour éviter les intempéries, il a atterri sur le tarmac de l’aéroport de la Blécherette à Lausanne.
«Je vole entre quatre et douze heures par jour précise Gérard Moss. J’ai toujours voyagé seul, sauf en Sibérie, où les autorités russes m’ont imposé un copilote du pays».
Une aventure
L’aventure n’est donc pas de tout repos. Et, bien qu’il ait déjà accompli la majeure partie de son périple, l’aviateur se montre prudent. «Il me reste encore quelque 10 000 kilomètres à parcourir, souligne Gérard Moss. Et notamment l’Atlantique à survoler.»
Autrement dit 2600 km d’eau à franchir. «Selon mes calculs, les vents devraient être favorables, affirme Gérard Moss. En d’autre cas, je serai dans l’obligation d’attendre les bons courants.»
Bien qu’équipé d’un petit moteur, le Ximango est en effet un appareil particulièrement léger. «Le moteur me permet surtout de décoller et de voler, dans certains cas, même si les conditions se sont pas optimales, précise l’aventurer. Mais, dès que c’est possible, je passe en vol libre et je me laisse porter.»
Un mode de déplacement plus agréable, plus économique, mais surtout indispensable aux relevées scientifiques effectuées par l’aventurer. Les universités de Cambridge et de Sao Paolo ont en effet chargé Gérard Moss de recueillir des données sur l’état de la pollution atmosphérique.
L’état de l’ozone
«J’ai notamment pour mission de fournir des indications sur l’état de l’ozone à basse altitude. Ces données devraient permettre aux scientifiques de mieux comprendre les fluctuations de l’ozone au niveau planétaire.»
Le motoplaneur est bardé d’un équipement ultrasophistiqué. Filtres et capteurs permettent donc de réunir et de stocker des informations mais aussi d’envoyer une partie des données directement à Cambridge pour une analyse immédiate.
«Pour ne pas influencer certaines données, il est impératif d’éliminer toute source de pollution extérieure, explique Gérard Moss. Le planeur est idéal. Il me permet d’effectuer des mesures à plusieurs niveaux d’altitude et durant plusieurs heures d’affilées.»
Des informations indispensables pour une étude scientifique qui vise avant tout à établir un tableau comparatif de la situation de l’atmosphère planétaire.
Vanda Janka
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