Vache folle: des chercheurs zurichois percent le mystère du prion bovin
Deux équipes de l´Ecole polytechnique fédérale de Zurich (EPFZ) ont découvert une différence dans la répartition des charges électrostatiques des prions humains et bovins. Ce qui permet une meilleure compréhension de la maladie de la vache folle.
On est encore très loin d’une éventuelle mise en place de thérapies. Mais cela n’enlève rien au fait que l’annonce faite à Zurich constitue une première. Et ceci, même si cette découverte ne permet pas encore de conclure si la maladie de la vache folle est transmissible à l’homme.
Mais une chose est sûre: en décryptant la structure tridimensionnelle de la protéine prion d’origine bovine sous sa forme saine, les chercheurs de l’EPFZ ont fait progresser la connaissance de la maladie de la vache folle. Les travaux des équipes des professeurs Kurt Wuetrich et Rudolf Glockshuber ont été publiés lundi sous forme de deux articles dans la revue scientifique américaine «Proceedings of the National Academy of Sciences» (PNAS).
«Cette découverte nous permet d’expliquer notamment le pourquoi de certains aspects du développement de cette maladie», souligne Kurt Wütrich , chef du département de biologie à l’EPFZ. Les chercheurs ont pu déterminer que les structures moléculaires des protéines prion saines de l’homme et de l’espèce bovine sont très semblables.
«Mais, ajoute le professeur Wütrich, la distribution des charges électrostatiques superficielles n’est pas la même. L’étude de cette différence au niveau moléculaire devrait nous permettre de déterminer si l’encéphalopathie spongiforme bovine (ESB) peut se transmettre à l’homme ou non pour donner la nouvelle variante de la maladie de Creutzfeldt-Jakob, baptisée nvCJD».
Si une barrière entre espèces susceptible d’empêcher la transmission de la maladie de l’animal à l’homme venait à exister, elle serait à chercher dans ces charges superficielles différenciées, estiment les chercheurs. «Il est possible que les charges superficielles déterminent elles-mêmes cette barrière entre espèces», relève Kurt Wütrich.
Si cela devait être le cas, on pourrait alors trouver des moyens pour influencer la transmission entre espèces différentes, voire l’empêcher.
Jugurtha Aït-Ahmed
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