Votations fédérales du 24 septembre: les patrons sont opposés aux taxes énergétiques
L´économie suisse ne veut pas entendre parler de taxes sur l´énergie. Les patrons préconisent un «non» aux trois objets énergétiques soumis au vote. Pour préserver l´environnement, ils privilégient des mesures prises sans l´intervention de l'Etat.
Lançant lundi à Berne leur campagne en vue des votations fédérales du 24 septembre, les représentants de l’économie ont été très clairs: les taxes sur l’énergie sont de nouveaux impôts qui représenteraient un handicap supplémentaire pour les entreprises et les ménages, a notamment déclaré Andres Leuenberger, président du Vorort.
Selon Hans Rudolf Früh, président de l’Union suisse des arts et métiers, ces taxes seraient particulièrement nuisibles aux petites entreprises, puisque elles ne profiteraient que peu des retombées de la réforme fiscale écologique. Leur charge fiscale deviendrait rapidement insupportable.
Le «Comité économique contre de nouveaux impôts sur l’énergie» remet par ailleurs en doute l’argument selon lequel la réforme fiscale écologique, en baissant les charges sociales, permettraient de créer de nouveaux emplois. En fait, toutes les études «sérieuses» prouvent le contraire, a souligné le président du Vorort.
De plus, selon les patrons, certains milieux ne profiteraient pas de ce remodelage fiscal. C’est notamment le cas des personnes sans activité lucrative, des régions périphériques et de montagne, ainsi que les branches de l’économie très dépendante de l’énergie pour leur production.
Le comité, qui regroupe 175 représentants des milieux économiques et de leurs organisations faîtières, refuse tout interventionnisme étatique. Il estime que des mesures prises sur une base de volontariat seront suffisantes pour remplir les exigences du protocole de Kyoto, soit une réduction d’ici à 2010 de 10 pour cent des émissions de CO2 par rapport à 1990.
Le 24 septembre, les citoyens devront se prononcer sur trois objets énergétiques: la réforme fiscale écologique (taxe plafonnée à 2 centimes par kWh, dont le produit devrait servir à réduire de quelque 1 pour cent les charges salariales), l’initiative solaire et son contre-projet (taxes de 0,5 et respectivement 0,3 centime par kWh pour promouvoir les énergies renouvelables).
Ces objets sont soutenus par les milieux de gauche et écologistes. Une partie de la droite les soutient également, notamment les représentants des cantons alpins, qui espèrent que les taxes permettront à l’énergie hydraulique de mieux résister à l’ouverture du marché de l’électricité.
swissinfo avec les agences
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