Belgique: ni bracelet électronique, ni permission pour Marc Dutroux
(Keystone-ATS) Marc Dutroux ne sortira pas de prison. Condamné à la perpétuité en 2004, le meurtrier pédophile belge n’a pas obtenu lundi le droit de continuer à purger sa peine à l’extérieur sous la surveillance d’un bracelet électronique. Il n’a pas non plus droit à la «sortie temporaire» qu’il avait également sollicitée.
La présidente du Tribunal d’application des peines (TAP) de Bruxelles, Magali Clavie, a tranché, en l’absence de Marc Dutroux et de son avocat.
Dans son arrêt, la magistrate a détaillé le déroulement de l’audience à huis clos du 4 février au cours de laquelle «l’homme le plus détesté de Belgique» avait formellement demandé à purger le reste de sa peine à domicile sous surveillance électronique.
Pas de plan de réinsertion
Marc Dutroux, 56 ans, «ne précisait pas où il irait, ni comment il procèderait pour trouver un logement» en cas de sortie temporaire. Cette absence de point de chute crédible «suffit» à rejeter ses deux demandes, a précisé la juge. Elle n’a dès lors pas examiné les autres obstacles éventuels à une remise en liberté sous surveillance électronique.
Dans le cas de Marc Dutroux, ces contre-indications – absence de projet professionnel, risque d’importuner ses victimes et leurs familles et danger de récidive – sont bien présentes, selon le parquet et l’administration pénitentiaire.
Familles satisfaites
Avec cette décision, Marc Dutroux ne pourra pas introduire de nouvelle demande de bracelet électronique avant le 15 février 2014. Jean Lambrecks, père d’Eefje, une des victimes du pédophile, s’est dit «soulagé par une décision qui correspond à (ses) attentes».
La mère de Marc Dutroux s’était aussi fermement opposée à toute remise en liberté de son fils, avec qui elle n’a plus de contacts. «Je n’ai pas la moindre envie de le savoir en liberté! C’est un récidiviste dans l’âme», a-t-elle dit à l’hebdomadaire «Le Soir Magazine».
Le verdict de lundi ne constitue en revanche pas un obstacle à une éventuelle demande de libération conditionnelle. Elle pourrait en théorie avoir lieu le 30 avril, après que le détenu ait purgé un tiers de sa peine (assimilée à 45 ans de prison). Mais elle a peu de chance d’aboutir.
Opinion traumatisée
Marc Dutroux a été condamné en juin 2004 à la réclusion à perpétuité pour l’enlèvement, la séquestration et le viol, entre juin 1995 et août 1996, de six fillettes et adolescentes, ainsi que de la mort de quatre d’entre elles.
Plus de quinze ans après les faits, l’opinion belge reste traumatisée par cette affaire. En août, des manifestations ont eu lieu pour protester contre la libération anticipée de son ex-épouse et complice, Michelle Martin, qui vit depuis lors dans un monastère près de Namur.