Caritas réclame une meilleure lutte contre la pauvreté en Suisse
L'oeuvre d'entraide Caritas exige des responsables politiques qu'ils luttent plus efficacement contre la pauvreté. A l'occasion de son 125e anniversaire, un congrès se penche sur la pauvreté en Suisse et cherche des solutions pour une société plus juste.
(Keystone-ATS) Les restrictions budgétaires et les querelles sociopolitiques dominent aujourd’hui au détriment des pauvres, souligne vendredi Caritas Suisse à l’occasion de son congrès annuel de politique sociale à Berne, qui a réuni 300 professionnels des milieux politiques, économiques et sociaux. Le nombre de personnes en situation financière précaire augmente depuis des années.
Le seuil de pauvreté est basé sur un minimum vital très bas qui ne garantit pas la participation sociale, poursuit Caritas. Les familles sont de plus en plus poussées à leurs limites par l’augmentation constante des coûts du logement et des primes d’assurance maladie. De nombreux enfants sont aussi touchés par la pauvreté.
«Et malgré tout cela, une politique cohérente en matière de pauvreté reste marginale en Suisse. La situation actuelle en matière de politique de lutte contre la pauvreté est intenable», s’indigne l’oeuvre d’entraide.
Conseillère fédérale présente
Toutes les personnes vivant en Suisse devraient pouvoir vivre dignement, a déclaré la conseillère fédérale Elisabeth Baume-Schneider. Cette revendication ne correspond toutefois pas à la réalité, puisque plus de 700’000 personnes sont touchées par la pauvreté.
La lutte contre la pauvreté exige des solutions durables, a souligné la ministre des affaires sociales. «La Confédération travaille avec les cantons, les communes et la société civile afin de promouvoir le développement et la mise en oeuvre de mesures efficaces». Il s’agit pour elle d’une responsabilité commune, qui nécessite un engagement collectif.
Le conseiller d’Etat valaisan Mathias Reynard, président de la Conférence des directrices et directeurs cantonaux des affaires sociales, participait également au congrès à Berne, placé sous le thème: «La pauvreté ici et aujourd’hui: où en est la Suisse sociale ?». Il a notamment discuté avec Patricia von Falkenstein, conseillère nationale du parti libéral-démocrate du canton de Bâle, Marco Salvi d’Avenir Suisse et Peter Lack, directeur de Caritas Suisse.
Caritas Suisse s’engage depuis des décennies dans la lutte contre la pauvreté, à travers des projets et en influençant la politique. Selon l’organisation caritative, de nombreuses solutions pour réduire la pauvreté sont discutées depuis longtemps.
«Elles sont sur la table et largement acceptées dans leurs grandes lignes, mais elles ne sont toujours pas mises en œuvre, ou seulement de manière timide», critique-t-elle.
Pour la paix et la solidarité
A l’occasion de son 125e anniversaire, l’œuvre d’entraide a publié un almanach social, mettant l’accent sur différentes perspectives de la pauvreté en Suisse. Des personnalités actives dans la politique, la recherche et la société civile y expriment leur point de vue. Le livre présente des tendances, des analyses et des chiffres.
La vision de Caritas est celle d’un monde marqué par la solidarité, la justice et la paix, peut-on lire. Dans ce monde, tous les êtres humains bénéficieraient de conditions de vie équitables et pourraient développer leur potentiel de manière autonome.
«Ces valeurs, qui guident notre travail, sont ancrées dans les droits humains, mais aussi dans la doctrine sociale catholique, qui a été un point de départ important pour la fondation de Caritas il y a 125 ans».