Aujourd’hui en Suisse
Bonjour à vous, chers Suisses de l’étranger,
Lendemain de votations. La Suisse se réveille un peu plus à gauche. Socialistes et Verts l’emportent sur le congé paternité, contre les déductions familiales qu’ils jugeaient inéquitables, contre la loi sur la chasse et ne ratent que de très peu le refus des avions de combat.
À l’autre bout de l’échiquier, l’UDC encaisse une défaite de plus. Le parti souverainiste, qui avait dicté la politique nationale depuis les années 1990, s’est mué ces cinq dernières années en véritable machine à perdre. La débâcle de son initiative dite de limitation est très commentée en Grande-Bretagne, et le résultat suscite une certaine jalousie chez ceux qui ne voulaient pas du Brexit.
Quant à la 5e Suisse, que ces résultats la réjouissent ou l’attristent, nombre de ses membres sont aujourd’hui frustrés de ne pas avoir pu participer à ces votations en raison des délais postaux. Le problème n’est pas nouveau, mais avec la pandémie, il semble avoir pris une ampleur inhabituelle. Nous leur avons donné la parole.
Bonne lecture,
Des milliers d’expatriés privés de facto de leur droit de vote parce qu’ils n’ont pas reçu leur enveloppe ou l’ont reçue trop tard. Vous avez été nombreux à répondre à notre appel. Voici vos témoignages.
La pandémie de Covid-19 a semé le chaos dans les postes mondiales. Certaines distributions ne se font simplement plus. Dans ces conditions, quand on habite en Afrique, au Brésil, sur une île du Pacifique ou des Caraïbes, recevoir son matériel de vote dans les temps est plus qu’aléatoire.
Et recevoir l’enveloppe n’est pas tout. Encore faut-il pouvoir la réexpédier dans les temps, voire la réexpédier tout court. Vos expériences à cet égard sont édifiantes. Et dire que le vote électronique aurait pu exister… mais c’est une autre histoire.
Celles et ceux d’entre vous qui ont pu voter l’ont fait, comme d’habitude, de manière plus ouverte que le reste du pays. Ainsi, chez les expatriés, le non à l’initiative de l’UDC (et donc le soutien aux bilatérales) atteint 70% et le congé paternité séduit 75% des votants.
- L’article de ma collègue Mélanie Eichenberger, écrit sur la base de vos témoignages
- L’article de ma collègue Pauline Turuban sur le vote de la 5e Suisse
- La carte des résultats des votations du 27 septembre, canton par canton
- Point fort – Zoom sur les préoccupations des Suisses de l’étranger
- Point fort – les Suisses de l’étranger, des citoyens de seconde zone
Plus
Votations encore: l’initiative de l’UDC, que d’aucuns ont qualifié de demande de «Swixit», a pris une résonnance particulière au pays du Brexit. Médias et politiciens britanniques en ont largement commenté le résultat, certains avec une pointe de jalousie, rapporte Le Temps.
Pour les souverainistes, le Brexit devait déclencher un effet domino. Or les Suisses viennent de montrer que cela n’est pas automatique. Bien sûr, la Suisse n’est pas membre de l’UE, mais l’UDC voulait la voir couper les ponts avec Bruxelles, pour s’assurer qu’elle n’adhérera jamais. Une sorte de sortie avant même d’être entrée.
En 2014, les Suisses avaient accepté (de justesse) de limiter l’immigration. Six ans plus tard, ils reviennent en arrière en plébiscitant la libre circulation. Le parallèle est évident. «Pourquoi n’aurions-nous pas nous aussi le droit de revoter?», tweetent les politiciens et demandent les médias britanniques qui ne digèrent pas la sortie de leur pays de l’Union.
- La leçon européenne et démocratique des Suisses aux BritanniquesLien externe, sur le site du Temps (abonnés)
- Les Helvètes disent non à un «Swixit» – par ma collègue Katy Romy
- Point fort – Que demandait l’initiative pour une immigration modérée?
Et après? Même ses partisans l’admettent: un oui à la libre circulation n’est pas un oui automatique à l’accord institutionnel que Bruxelles veut passer avec Berne. Ce qui est sûr par contre, c’est que le verdict des urnes va faciliter les choses – mais pas forcément les accélérer.
Simonetta Sommaruga aura un entretien téléphonique cette semaine avec Ursula von der Leyen afin de l’informer en détail des résultats de la votation. Le Conseil fédéral demeure toutefois évasif à propos de l’accord institutionnel et de la suite qui lui sera donnée.
Dans sa forme actuelle, le projet d’accord se heurte non seulement à l’opposition (de principe) des eurosceptiques, mais également à celle des syndicats. Trois points litigieux font que le texte n’a aucune chance de réunir une majorité: les mesures d’accompagnement, la directive relative aux droits des citoyens européens et les aides d’Etat.
- L’articleLien externe de RTS Info
- Point fort – La Suisse joue gros dans ses négociations avec l’UE
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