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La semaine en Suisse

Chères lectrices, chers lecteurs,

L’actualité suisse de la semaine écoulée peut être vue comme un feuilleton. Plusieurs sujets retenus dans notre sélection reviennent en effet régulièrement dans les médias.

Parmi ces thèmes récurrents, il y a bien sûr la tragédie de Crans-Montana. Mais pas seulement: ces derniers jours, il n’est même plus nécessaire de se rendre à la patinoire pour vibrer au rythme de l’actualité du hockey sur glace.

Bonne lecture,

Karine Keller Suter se rendant à une conférence de presse
La conseillère fédérale Karin Keller-Sutter (au centre) en route vers une conférence de presse très attendue, mercredi à Berne. Keystone / Peter Klaunzer

Le Conseil fédéral a mis fin à une longue attente en statuant sur le renforcement des fonds propres d’UBS. Depuis le sauvetage de Credit Suisse au printemps 2023, les autorités promettaient une révision du dispositif «too big to fail», afin de tirer les leçons de cette crise majeure. Après plusieurs mois de consultation et de débats, le gouvernement a arrêté sa position, transférant désormais le dossier au Parlement.

La mesure centrale prévoit qu’UBS devra couvrir intégralement les participations détenues dans ses filiales à l’étranger. Selon le Conseil fédéral, cette exigence vise à garantir que la maison mère en Suisse puisse absorber une crise sans être affaiblie par des pertes à l’étranger. L’objectif est d’éviter une situation dans laquelle l’État serait à nouveau contraint d’intervenir pour stabiliser une banque d’importance systémique.

Le Conseil fédéral n’a toutefois pas retenu les propositions les plus sévères esquissées lors des travaux préparatoires. Il a ainsi renoncé à un relèvement général des exigences en capital et assoupli certains paramètres techniques. Ces ajustements sont présentés comme un compromis censé renforcer la stabilité financière tout en tenant compte de la compétitivité de la place bancaire suisse.

UBS s’est toujours opposée au durcissement des règles, alertant sur ses conséquences économiques. La banque a également laissé planer, à plusieurs reprises, l’hypothèse d’un départ à l’étranger si la Suisse devait adopter des exigences jugées plus strictes que les standards internationaux.

Giorgia Meloni
La présidente du Conseil italien, Giorgia Meloni. Keystone

Plusieurs événements ont ravivé l’attention autour du drame de Crans-Montana au cours de la semaine écoulée. Un concert de soutien organisé en Valais a réuni musiciens et public en mémoire des victimes de l’incendie du bar «Le Constellation». La manifestation visait avant tout à exprimer une solidarité durable avec les familles touchées et à soutenir les rescapés, alors que la procédure judiciaire suit son cours.

Sur le plan international, une nouvelle controverse a éclaté après l’envoi de factures hospitalières élevées à des familles de victimes italiennes. Bien que les autorités sanitaires valaisannes aient parlé d’une erreur administrative et assuré qu’aucun montant ne serait réclamé, l’affaire a suscité une vive réaction à Rome. La cheffe du gouvernement italien, Giorgia Meloni, a dénoncé une «bureaucratie inhumaine».

Au niveau local, le président de la commune de Crans-Montana est à son tour monté au créneau. Dans plusieurs interventions, il a fortement critiqué l’Office cantonal du feu, pointant des dysfonctionnements dans l’organisation et la surveillance. Ses déclarations interviennent dans un climat de tension, alors que la question des responsabilités institutionnelles reste ouverte.

Ces développements montrent que la tragédie de Crans-Montana demeure au centre d’une attention soutenue, plus de cent jours après l’incendie. Le Conseil fédéral entend d’ailleurs mettre sur pied une table ronde, afin de gérer les conséquences du drame. Un nouveau pas en ce sens a été franchi mercredi avec la désignation de son président: l’ancien conseiller d’État neuchâtelois Laurent Kurth, qui entre en fonction immédiatement.

Jan Cadieux
Le nouvel entraîneur de l’équipe nationale Jan Cadieux n’aborde pas les prochains Championnats du monde dans les meilleures conditions. Keystone / Alessandro Della Valle

Difficile de passer à côté du hockey sur glace dans l’actualité suisse de la semaine écoulée. Plus encore que la finale des play-offs, qui se déroule actuellement entre Fribourg et Davos, les soubresauts liés au licenciement du coach de l’équipe nationale font toujours couler beaucoup d’encre.

Si vous avez raté le début de ce feuilleton, rappelons que la fédération suisse a limogé mi-avril le sélectionneur Patrick Fischer parce qu’il s’était rendu aux Jeux olympiques de Pékin en 2022 muni d’un faux certificat Covid. L’information avait été révélée par la chaîne publique alémanique SRF. L’ancien sélectionneur avait confié cette information au journaliste en marge d’une interview réalisée en vue d’un portrait. Détail piquant: ce journaliste se retrouve désormais lui-même dans la tourmente en raison d’anciens «propos racistes», révélés par la Weltwoche

L’affaire a fait suffisamment de bruit pour remonter jusqu’au Comité international olympique, qui a demandé des explications à Swiss Olympic. Le directeur de Swiss Olympic, Roger Schnegg, reste convaincu que le licenciement décidé par Swiss Ice Hockey s’imposait. «Il a pris un grand risque, pour lui-même, pour l’équipe et pour l’ensemble de la délégation», a-t-il déclaré dans l’émission «Club» de la SRF.

Il n’en reste pas moins que la décision continue de susciter un vif débat. Les stars suisses de la NHL ont exigé le retour de Patrick Fischer à la tête de l’équipe nationale. Une pétition en ce sens a recueilli des milliers de signatures. Il est en tout cas certain qu’à moins d’un mois du début des Championnats du monde en Suisse, ce que l’on appelle désormais l’«affaire Fischer» tombe au plus mal pour une équipe nationale qui cherche désormais «à se reconstruire», selon les mots du Temps.

Tracteur dans un champ très sec
Le manque d’eau a notamment pour effet d’assécher rapidement les sols superficiels. Keystone / Urs Flüeler

La météo constitue un autre sujet récurrent dans les médias suisses. Au cours de la semaine écoulée, plusieurs articles et reportages se sont inquiétés du manque de précipitations, qui entraîne une situation de sécheresse marquée depuis le début du printemps. Les pluies des dernières semaines se situent entre 35% et 80% en dessous des normales saisonnières selon les régions. Même le Plateau affiche un déficit notable pour cette période de l’année, traditionnellement essentielle à la recharge des sols et des réserves hydriques.

Même si la situation n’est pas encore qualifiée de critique à l’échelle nationale, cette sécheresse printanière commence à produire des effets concrets. Les sols superficiels s’assèchent rapidement, obligeant déjà certains agriculteurs à recourir à l’irrigation de manière précoce. Par ailleurs, le risque d’incendie de forêt est déjà jugé élevé dans certaines régions, tandis que les réserves des lacs de retenue restent faibles pour la saison.

Ces épisodes précoces s’inscrivent dans une tendance de fond observée depuis plusieurs années. Les études montrent que les sécheresses deviennent plus fréquentes et plus longues en Suisse sous l’effet du réchauffement climatique, avec des impacts croissants sur l’agriculture, l’hydroélectricité et les écosystèmes. Le printemps 2026 illustre ainsi un phénomène de plus en plus récurrent, qui pose la question de l’adaptation de la gestion de l’eau dans un pays longtemps considéré comme le «château d’eau» de l’Europe.

Tracasset dans le Lavaux
L’heure est parfois aussi à l’amusement et pas seulement au travail pour les tracassets du Lavaux. Keystone / Martial Trezzini

La semaine à venir

Rendez-vous ce week-end pour la principale communauté des Suisses de l’étranger. L’association des Suisses de France se retrouve au Pays basque pour sa réunion annuelle.

Le week-end verra aussi la tenue de deux rendez-vous pittoresques: la 25e édition du tour du lac de Morat en mobilité douce (slowUp) et les 24e Championnat du monde de tracassets dans les vignes d’Epesses.

Deux initiatives populaires seront officiellement lancées mardi: l’une réclame des transports publics forts et des tarifs aériens équitables, tandis que l’autre vise à annuler l’achat des avions de combat F-35.

Plusieurs grandes entreprises (UBS, Syngenta, Glencore) livreront leurs résultats du 1er trimestre, ce qui donnera l’occasion de prendre le pouls de l’économie suisse.

Vendredi verra les traditionnels rassemblements de la Fête du travail du 1er mai.

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