Conseil d’Etat vaudois: Valérie Dittli se prononcera prochainement
Valérie Dittli fait durer le suspense sur sa candidature ou non à l'élection au Conseil d'Etat vaudois de février 2027. La ministre centriste a confirmé mardi soir à son parti qu'elle annoncera publiquement sa décision dans les prochains jours, a indiqué Le Centre.
(Keystone-ATS) Dans un document stratégique, le Centre Vaud évoque, lui, un avenir meilleur sans sa conseillère d’Etat actuelle.
La conseillère d’Etat devait initialement faire part de sa décision jusqu’à ce jour et lors d’une réunion à Renens avec le Comité de présidence de son parti. Le Centre Vaud a publié tard en soirée un communiqué pour informer qu’une annonce se fera ultérieurement.
«Le Comité de présidence poursuit ses travaux et soumettra différents scénarios aux instances du parti, tout d’abord lors de la séance du Comité cantonal du 20 août prochain, puis à l’occasion de l’Assemblée des délégués du 2 septembre 2026», écrit-il simplement dans son communiqué.
«Conscient de l’importance des enjeux, le Comité de présidence aborde ces prochaines étapes avec confiance et détermination. Il proposera aux instances du parti une vision d’avenir claire et rassembleuse, fondée sur la confiance, la responsabilité et une ambition électorale forte pour Le Centre Vaud», ajoute-t-il.
Scénario le plus favorable: sans Dittli
Mais dans le même communiqué, le parti fait référence à un document de synthèse, publié le même soir et qui analyse les risques et les opportunités s’il soutient une candidature de Mme Dittli ou s’il présente une nouvelle candidature. Les perspectives évaluées mettent notamment en avant le risque de ne pas pouvoir bénéficier d’une alliance politique si la benjamine du gouvernement se représente et que le parti la soutient.
Selon ce document («Perspectives d’alliances électorales 2027 – Stratégies et recommandations du Comité de présidence»), tous les partis consultés, au centre (Vert’libéraux vaudois, Parti évangélique vaudois et Les Libres Vaud) et à droite (PLR et UDC) ont expliqué au Centre Vaud qu’une candidature de Mme Dittli constituerait un obstacle à la conclusion d’une alliance politique.
Toujours selon le même document, «le Comité de présidence estime ainsi que la constitution d’une alliance centriste (Vert’lib’, PEV et Les Libres), accompagnée de la présentation d’une nouvelle candidature du Centre au Conseil d’Etat, offre à ce stade les perspectives stratégiques les plus favorables».
Vers une dynamique durable
«Cette orientation permettrait de poursuivre simultanément trois objectifs: renforcer la représentation du Centre au Grand Conseil, préserver une candidature au Conseil d’Etat et inscrire le parti dans une dynamique politique collective et durable», écrivent les instances dirigeantes du parti, qui soutenaient pourtant encore Mme Dittli avant la pause estivale.
Une manière explicite de souligner les risques d’une candidature de Mme Dittli et donc de vouloir tourner la page de cette séquence politique. Interrogé par Keystone-ATS, le président du Centre Vaud Giancarlo Sergi n’a toutefois pas voulu annoncer mardi soir si le parti soutenait toujours ou non officiellement une éventuelle candidature de sa ministre. «On attend pour l’instant sa réponse», a-t-il dit.
En clair: si Valérie Dittli devait se représenter pour un deuxième mandat de ministre, ce serait à la base du parti de se prononcer pour ou contre lors de l’Assemblée des délégués du 2 septembre.
Depuis son élection surprise en avril 2022, à 29 ans et sans aucune véritable expérience politique, la Zougoise d’origine a depuis connu de nombreuses tempêtes, entre gestion du bouclier fiscal, problèmes de management et arrangement secret. Isolée et attaquée de toutes parts, dans le collimateur de la justice, c’est peu dire que la décision de la ministre de l’agriculture et du numérique est impatiemment attendue par tout le landerneau politique vaudois.
Plainte pénale
Toujours dans le même communiqué, Le Centre Vaud annonce avoir voté le dépôt d’une plainte pénale afin que toute la lumière soit faite sur la transmission au média Blick Romandie d’un «faux» document de synthèse. Cette mauvaise version, confirmée par M. Sergi à Keystone-ATS, met en avant et encourage une candidature du président du parti lui-même au Conseil d’Etat, ce qu’il nie catégoriquement. «Un faux document a fuité», regrette-il amèrement.