27e édition: Paléo au beau fixe
Dimanche, le festival battant encore son plein, les organisateurs de la manifestation nyonnaise tiraient le bilan de leur 27e festival. Un succès intégral.
«C’est assez évident qu’avec un festival complet avant d’avoir commencé, pas une goutte de pluie, aucun incident grave, il faudrait être un drôle d’organisateur pour ne pas être heureux!» Ainsi s’exprime Daniel Rossellat, fondateur et patron de la manifestation nyonnaise.
Si on ajoute à cela aucune annulation de concert, aucun report et une mécanique parfaitement huilée, qu’il s’agisse de l’organisation des spectacles en eux-mêmes ou de l’infrastructure, des nettoyages, de la circulation et de tout ce qu’un rassemblement de 200 000 personnes sur six jours implique, on se dit qu’effectivement, pour les organisateurs, la déprime n’est guère de mise.
Sur un budget global de 14 millions de francs, le bénéfice de cette édition devrait être de l’ordre de 300 000 francs, selon Daniel Rossellat. Pour le plaisir du vertige, rappel de quelques autres chiffres: Paléo 2002, c’est 3480 collaborateurs bénévoles, 1200 musiciens invités, 120 spectacles, 496 journalistes, 151 stands divers (nourriture, artisanat etc.) sur l’ensemble du site…
Bilan officiel
Les organisateurs se félicitent en particulier, et à juste titre, de l’amélioration de la sonorisation de la grande scène – même si, par voie de conséquence, les autres lieux de concert on un peu pâti de ce progrès.
Ils promettent par ailleurs d’améliorer deux secteurs. Certains lieux scéniques d’abord, en particulier le dôme et le club-tent. Et le contenu: c’est-à-dire la programmation, même s’ils resteront fidèles à leur option de toujours: poids-lourds en guise de têtes d’affiche et nombreuses découvertes.
Parmi les coups de cœur de Daniel Rossellat et du responsable de la programmation, Jacques Monnier, les noms de Bénabar, Bauchklang, Hawksley Workman, Miro, Lila Downs, Jane Birkin, Tien-Shan-Suisse Express reviennent avec insistance.
Autre sujet de contentement: le camping, qui, réservé pour la deuxième année aux seuls détenteurs de billets, n’a pas connu les débordements et autres agressions qui étaient devenus quasiment réguliers auparavant. La création d’un «village» entre camping et site a par ailleurs permis de redonner une ambiance festive au lieu.
Paléo, indéboulonnable
Le Paléo Festival de Nyon est effectivement devenu un phénomène étonnant. A la fois conservateur et ouvert: «Les gens viennent écouter Supertramp et ils repartent en ayant découvert un tel ou un tel au club-tent ou au chapiteau», commente Rossellat.
Enorme, bien sûr, et néanmoins humain. Chaque jour, 35 000 personnes environ cohabitent, mêlant babas, rockers, rappeurs et technos, ados, parents voire grands-parents. Kermesse géante et plutôt chaleureuse. Tous ne vont pas au même spectacle, bien sûr, mais ils partagent le même événement. C’est déjà pas mal.
Mais Paléo, rançon de cette joyeuse familiarité, c’est aussi un grand imbécile braillant «bamboula!» quand Lavilliers murmure, sur fond de guitare acoustique, les paroles de «Sertão». Ou quand son confrère ès connerie saisit les moments les plus fragiles de Birkin pour hurler à pleins poumons. Paléo, c’est aussi essayer d’écouter Cesaria Evora au travers d’un brouhaha permanent, parce que les gens qui vous entourent n’ont pas encore compris la différence entre un concert et un juke-box.
Pour bien vivre Paléo, peut-être faut-il simplement ne pas venir surtout pour la musique… On aura encore largement l’occasion de se poser cette question dans l’avenir. Daniel Rossellat, pour lequel «ce festival peut vivre encore des centaines d’années», Daniel Rossellat parle d’éventuel agrandissement du site… mais pas pour 2003, précise-t-il.
swissinfo/Bernard Léchot
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