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Aïda dans le soleil orangé de l’Egypte

Ursula Füri-Bernhard chante Aïda les 8 et 10 décembre à l'Arena de Genève. (Service de presse de la production). swissinfo.ch

L'Ethiopienne Aïda a transporté l'Arena de Genève dans l'Antiquité des pharaons. Grâce surtout à la beauté de la musique de Giuseppe Verdi.

Orangée comme la musique ensoleillée de Giuseppe Verdi interprétée, avec une certaine maestria, par le Filarmonica di Verona, sous la baguette du chef d’orchestre, Carlo Palleschi.

Orangés comme les décors superbes d’Alfredo Corno qui emmènent le spectateur tantôt dans le palais de briques du pharaon, tantôt dans les sables du désert qui séparent l’Egypte de l’Ethiopie.

Orangée, enfin, comme la voix d’Aïda (magnifique Daniela Longhi) qui chante son amour pour son héros, Radamès (Nicola Martinucci), le capitaine égyptien victorieux, et son attachement à son père, le roi d’Ethiopie, Amonasro (Alberto Mastromarino), fait prisonnier.

Une première en crescendo

Pour la première des quatre représentations (7, 8, 9 et 10 décembre), l’immense salle de l’Arena était aux trois quarts pleine. Une partie du pari des organisateurs (Association Scène ouverte pour la musique) était gagnée.

Mais bon nombre de spectateurs sont partis en cours de spectacle. Car quatre heures trente (avec trois entractes), c’est long et c’est beaucoup d’attention demandée à un public fatigué après une journée de travail.

D’autant que, perché très loin sur les hauteurs de l’arène, il est difficile d’entrer totalement dans le spectacle. Les centaines de mètres qui séparent les gradins d’estrade de la scène et les longues pauses vous déconnectent forcément de l’ambiance.

Toujours est-il que nous avions une magnifique vue plongeante sur l’Egypte de l’Antiquité et sur cette large scène peuplée d’une centaine de chanteurs (Chœur du Festival d’Opéra d’Avenches) et de danseurs (Cairo Opera Dance Theatre).

Après un début où les uns et les autres tentaient de trouver la synchronisation entre le chant et l’instrumental et où les cuivres supplantaient quelque peu le vocal, le péplum de Verdi trouvait un juste rythme de croisière au fil des minutes.

La grandeur de la musique de Verdi

Et force est d’être transporté lorsque l’armée égyptienne hisse devant le peuple et toute la cour du pharaon l’obélisque de la victoire de l’Egypte sur l’Ethiopie. C’est alors que se mesure toute la grandeur musicale de Verdi.

Mais c’est au clair de lune, dans le temple d’Isis, au bord du Nil, que les solistes ont gratifié le public genevois des duos les plus émouvants. Celui du père prisonnier et de sa fille servante. Et celui du militaire égyptien victorieux et de son amoureuse éthiopienne, pourtant prête à le trahir pour sauver le sang éthiopien qui coule dans ses veines.

Samedi et lundi soirs, la très belle Bernoise, Ursula Füri-Bernhard, endosse le rôle-phare d’Aïda sur la scène de l’Arena de Genève. En compagnie de la seconde distribution.

Or, comme le relève Sergio Fontana, directeur artistique de la production, la Suisse manque de tradition pour l’opéra, il est donc réjouissant lorsqu’une chanteuse honore les couleurs helvétiques dans la musique italienne à la cour d’un pharaon. D’autant que cette année marque le centenaire de la mort de Giuseppe Verdi (1813-1901).

Emmanuel Manzi

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