Arrêtez cette machine à souffrances!
Au Théâtre de Vidy-Lausanne, Michael Lonsdale lit «Le métier de vivre», de l'écrivain italien Cesare Pavese.
Des réflexions drôles et douloureuses sur l’existence, qui s’accompagnent d’images vidéo parfois trop illustratives.
Le plus intime de lui-même, il l’a confié à son journal, comme on parle entre quatre yeux, pas très loin du règlement de comptes. Régler son compte à la vie. D’un geste: le suicide.
A 42 ans, l’écrivain italien Cesare Pavese, né en 1908, pose sa plume. «Je n’écrirai plus», note-t-il dans «Le métier de vivre».
L’humour y règne en maître
C’est le titre qu’il donne à son journal, somme de réflexions personnelles (découvertes après sa mort) sur l’art d’aimer, de respirer, de veiller, de dormir, de rêver, de crever… Le tout serré dans des phrases lapidaires qui s’apparentent à des aphorismes.
L’humour y règne en maître. Il chasse la désespérance, à plusieurs reprises. Elle finit, néanmoins, par l’emporter. En 1950, dans un hôtel de Turin, Pavese avale une poignée de somnifères. La machine à souffrances s’est enfin arrêtée. Mais son ronronnement perdure.
Michael Lonsdale le donne à entendre sur la scène de Vidy. Le comédien se fait le lecteur du «Métier de vivre». Il est comme ce «messager» qu’évoque Pavese.
Sur ses lèvres, la vie de l’écrivain devient parole. Et cette parole ricoche sur la salle avant de s’ouvrir sur la rue, les passants, la ville, la nature, les animaux.
Au fond du plateau, le metteur en scène Jean Bart a placé un grand écran sur lequel sont projetées des images vidéo prises dans la région de Turin.
Entre un sourire et un soupir
La frontière n’est donc plus étanche entre intérieur et extérieur. L’intimité recherchée par l’auteur ne protège plus du danger invisible qui guette au dehors.
Cette projection d’images était-elle vraiment nécessaire? Pas sûr, car elle se perd parfois dans des détours illustratifs.
On lui préfère les interventions de l’actrice Anne Martinet, présence douce d’une femme que Pavese a aimée. Elle dit des poèmes de l’auteur, entre un sourire et un soupir.
swissinfo/Ghania Adamo
«Le métier de vivre». A Lausanne, Théâtre de Vidy; jusqu’au 10 novembre.
Tel: 021/619 45 45
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