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BD suisse en Afrique australe

La patte de Kalonji. Bell-Roberts Art Gallery

Deux artistes suisses participent à un festival de bande dessinée en Afrique du Sud.

Après Jean-Philippe Kalonji, ce sera au tour de Thomas Ott de découvrir «Comics galore», et cela grâce à l’impulsion de Pro Helvetia.

Le dessinateur genevois de bandes dessinées Jean-Philippe Kalonji a quitté l’Afrique du sud le 1er décembre, après un séjour de trois semaines à la rencontre d’artistes locaux.

Cet échange s’inscrit dans le cadre d’un ‘festival’, organisé depuis septembre et jusqu’en février prochain, par les dessinateurs sud-africains du fanzine «Bitterkomix» (Anton Kannemeyer et Conrad Botes), Pro Helvetia et l’Institut français.

Le festival «Comics galore» («BD à gogo») veut promouvoir l’échange entre des dessinateurs européens (Kalonji, le Belge Jean-Philippe Stassen, le Français Pascal Rabaté et le Suisse Thomas Ott, attendu en février) et sud-africains à travers des expositions communes et des ateliers, à Johannesburg, au Cap et à Durban.

«Ici, le grand public ne connaît que les caricatures de presse et les comix américains pour enfants, explique Kalonji, une casquette vissée sur la tête. Il existe bien une poignée de dessinateurs sud-africains, surtout des blancs, très attirés par la BD européenne pour adulte, mais ils manquent de support pour se faire connaître».

Briser les clichés

Kalonji a apporté ses conseils au groupe «Igubu» («L’appel», en zoulou) à Durban, qui prépare le lancement d’un magazine de BD: le projet est animé par Andy Mason, qui dessine les aventures d’un «super héros surfeur», et deux jeunes noirs, auprès desquels Kalonji a passé trois journées mémorables au cœur d’un township de Durban.

«Cette expérience m’a permis de briser certains clichés sur l’Afrique», confie-t-il. Né à Genève, de parents congolais, à 29 ans, il n’avait encore jamais posé un pied sur le continent noir: «Ici, toutes les cartes sont brouillées: on peut être blanc et se revendiquer comme Africain. Je m’attendais aussitôt à être confronté au racisme, mais j’ai rencontré des gens très ouverts. Quand je me présente comme un auteur suisse, les blancs ont simplement une réaction de surprise».

Kalonji est rentré à Genève «avec une forte envie de mettre l’Afrique en scène dans son travail». Encouragé par le succès du festival, Pro Helvetia envisage, avec les autres sponsors du projet, d’en faire un événement régulier.

swissinfo/Valérie Hirsch

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