Belle et enrichissante fête de la danse à Berne
La danse suisse se révèle hyperactive et très créative. Sept compagnies l'ont joliment démontré, samedi au Stadttheather.
De l’époustouflant néo-classicisme du Ballett Basel au déconcertant solo du New-Yorkais d’adoption, Foofwa d’Imobilité, en passant par une humoristique dénonciation du mysticisme par la Cie zurichoise Drift ou encore le très accrocheur BernBallet interprétant un langoureux tango, le panorama de la danse suisse était, pour le moins, riche et diversifié.
Extraits de spectacles saisissants
D’autant que les Romands n’étaient pas en reste. Avec le nouveau spectacle tragi-comique du Lausannois Philipe Saire, l’étude psychosociale sur la bureaucratie par la compagnie Alias de Genève et le très expérimental spectacle de la Cie Gilles Jobin, basée à Londres.
Vous l’avez compris, il s’agissait d’extraits de sept récentes œuvres des artistes majeurs de notre pays. Sous la direction de la danseuse bernoise Annemarie Parek, l’Association suisse de la danse (ASD), veut, en effet, privilégier l’ouverture et le dialogue entre les différentes composantes du milieu. Et ce, en compagnie d’un large public. Le Théâtre municipal de la ville de Berne était plein, samedi soir.
Sur un plan général, la danse contemporaine flirte plus que jamais avec le théâtre. Ainsi, comme des séquences cinématographiques, elle raconte des histoires de la vie. Des problèmes intérieurs aux situations cocasses dans lesquelles on se retrouve tous les jours, ici ou là.
Comme dans la chanson française, on a souvent l’impression que ceux qui ont beaucoup à dire ou qui ont des choses importantes à dénoncer le font sans le souci d’une vulgarisation à portée de chacun. Ou encore, méprisent l’esthétisme et, parfois, ne sont pas à la hauteur techniquement.
Superbes troupes bâloise et bernoise
C’est sans doute pour cela que le Ballett Basel et le BernBallet ont recueilli des tonnerres d’applaudissements. Car ces deux troupes allient, plus que toutes les autres, le sens et la performance.
Tout de bleu vêtus, les vingt danseuses et danseurs bâlois ont évoqué l’être agité cherchant à se rapprocher de ses semblables. Pour l’exprimer, leur chorégraphe Richard Wherlock a utilisé une écriture énergique et claire en contraste avec la musique de Vivaldi. Superbe de virtuosité.
En noir sur blanc, les quinze danseuses et danseurs du BernBallet ont emmené, eux, les spectateurs en 1968 à Buenos Aires pour leur conter l’histoire de Maria, à la fois protectrice de la capitale argentine et jeune femme des bidonvilles. Là, un pas de deux a laissé entrevoir toute la sensualité et la nostalgie du tango. Emouvant à souhait.
Tanz 01 a vécu. Cette huitième édition de la fête annuelle de la danse était organisée par l’Association faîtière suisse des professionnels de la danse (ASD). Plus de trois heures de spectacle ont ainsi décrit une création chorégraphique helvétique en très bonne santé. Captivant.
Emmanuel Manzi
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