Chance de coucou à La Chaux-de-Fonds
Grâce à un remarquable hasard, le Musée d'histoire naturelle de La Chaux-de-Fonds devient le principal détenteur des oeuvres de l'aquarelliste français Paul Barruel.
Grâce à un remarquable hasard, le Musée d’histoire naturelle de La Chaux-de-Fonds devient le principal détenteur des oeuvres de l’aquarelliste français Paul Barruel.
Il était une fois, à Zurich, les Editions Silva. A l’époque, les consommateurs helvétiques chassaient les fameux «points Silva» sur les emballages de produits divers, puis transmettaient les points en question à l’éditeur qui, contre une modique somme d’argent supplémentaire, envoyait au collectionneur un livre de son choix, souvent lié à la flore ou à la faune, ainsi qu’une série d’images à coller dans le livre en question. Chaque Suisse digne de ce nom s’en souvient encore!
Mais voilà: au printemps 99, Silva cesse ses activités éditoriales, et cherche un repreneur. Une nouvelle que Marcel Jacquat, conservateur du Musée d’histoire naturelle de La Chaux-de-Fonds découvre par hasard dans «L’Impartial», le quotidien local. Se souvenant que Silva avait édité dans les années 60 plusieurs ouvrages ornithologiques illustrés d’aquarelles signées par l’un des plus fameux peintres du genre, le Français Paul Barruel, Marcel Jacquat contacte Silva, et décroche la timbale «à des conditions extrêmement favorables», précise-t-il. Et ce sont 285 planches qui parviennent à La Chaux-de-Fonds, aquarelles dont la valeur est aussi bien artistique que scientifique. Selon le célèbre naturaliste Paul Géroudet, les oeuvres de Barruel figurent en effet «parmi les réussites les plus remarquables de l’illustration ornithologique».
Pour Marcel Jacquat, la chance ne s’arrête pas en si bon chemin. Une maison d’édition parisienne lui propose alors 40 autres planches de Barruel, et 145 dessins en noir et blanc. Enfin arrive l’heure des cadeaux: 6 planches données par Paul Géroudet, et une multitude d’aquarelles, dessins, esquisses, offerts par les héritiers du peintre français, décédé en 1982. Le Musée, situé sur l’avenue Léopold-Robert, se transforme ainsi en véritable centre d’information Paul Barruel. Martins-pêcheurs, pics-verts, chouettes, guêpiers d’Europe, fauvettes, dromoïques du Sahara, pies, autruches, poules, colverts et autres fuligules milouins y nichent désormais à l’année.
Le musée chaux-de-fonnier n’a pas l’espace requis pour dévoiler l’ensemble de sa nouvelle collection au public. Mais un projet d’exposition est lancé, en collaboration avec le Museum de Grenoble, ainsi que la publication d’un ouvrage consacré à Paul Barruel.
Bernard Léchot
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