Charme et trombes d’eau à Paléo
Soirée consacrée à la variété française vendredi au Paléo Festival de Nyon: sur la grande scène, après De Palmas et avant Nougaro, Vanessa Paradis a décliné son univers de jeune maman post-hippie, nonchalance et charme inclus.
Il y a quelques années, elle avait été déjà invitée à Paléo. Et s’était désistée la veille, plaçant les organisateurs dans une situation pour le moins délicate. En 2001, tout est pardonné, sinon oublié. Et, à la place de la Lolita de l’époque, c’est donc une jeune femme épanouie qui a débarqué à Nyon. D’aucun murmuraient d’ailleurs que son mari, un certain Johnny D. et leur fille, étaient en coulisse… Rumeur?
Jean moulant, ample blouse à fleurs, longue écharpe et toison d’or, Vanessa Paradis attaque par «L’eau et le vin», qui ouvre également son dernier album, «Bliss». Rythme énorme et arrangements techno-world, le titre en question n’est pas du tout représentatif de ce que sera son spectacle.
Car, à par quelques incursions dans le rock («Tandem», «Commando»), son récital est plutôt placé sous le signe de la chanson et de la ballade acidulées. Et dédicacé aux gens qu’elle aime: clin d’œil à son homme pour introduire «Dans mon café», et baiser vers le ciel pour saluer Serge Gainsbourg. Des chansons que celui-ci lui a écrites, elle chantera notamment «Dis-lui toi que je l’aime». Et nous offrira quelques reprises: «Requiem pour un con», et «L’eau à la bouche», dans une jolie version chaloupée.
Adorable postérieur¶
«Joli» et «chaloupée» sont d’ailleurs les deux mots qui conviennent le mieux à la prestation de Vanessa Paradis. Joli, parce que son visage projeté sur les écrans géants l’est infiniment. Chaloupé, parce que ses musiciens balancent bien, mais surtout parce que l’un de ses principaux arguments reste son adorable postérieur, qu’elle tortille inlassablement de la première à la dernière chanson. Chorégraphie un peu limitée, il est vrai, encore que… Logiquement, les fesses de Vanessa doivent être assurées au même prix que l’étaient les mains de Rubinstein…
Dans le spectacle de Vanessa Paradis, tout marche au charme, dont elle déborde. Par contre, la demoiselle ne se livre pas. Au cinéma, elle nous avait pourtant donné à plusieurs reprises l’occasion de découvrir sa fragilité, sa réelle sensibilité. Là, rien de tout ça. Plutôt de la nonchalance: elle est là, mais elle pourrait être ailleurs…
C’est la météo qui transformera l’ultime chanson, «Marilyn et John» sur un tempo reggae, en véritable bouquet final. Eclairs et tonnerre. Trombes d’eau… Une partie du public fuit pour trouver un abri. Les autres restes, envoûtés par l’image de Vanessa, détrempée, heureuse de danser et de chanter sous la pluie battante.
Bernard Léchot
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