«Comme des couteaux», un choc des consciences
A Genève, le Théâtre Saint-Gervais présente la pièce de la Lausannoise Marielle Pinsard. Peu convaincant.
Des propos oiseux qui se veulent graves, une mise en scène maniérée qui se veut moderne, des acteurs surexcités qui se veulent expressionnistes dans leur jeu, voilà qui définit «Comme des couteaux», pièce écrite et mise en scène par la Lausannoise Marielle Pinsard (33 ans) au Théâtre Saint-Gervais (Genève).
Le texte laisse entendre quatre voix féminines qui sont des tessitures absolument distinctes. L’ensemble est percé de dissonances qui nous font passer d’une conférence sur le combat politique de la terroriste allemande Ulrike Meinhof à la lutte contre la mondialisation en passant par le désir d’évasion, le souci de la beauté physique et l’oppression de la femme.
A l’allure de midinettes
Quatre actrices à l’allure de midinettes se partagent ces voix en même temps qu’elles sirotent une bière, se maquillent ou écoutent leur walkman. L’action se passe dans un café art déco (décor Serge Perret) envahi par la rumeur de clients invisibles et par une musique techno qui s’emballe de temps en temps entraînant les actrices dans une ronde endiablée.
Dans le genre choc des registres et des consciences, on a vu mieux. Les dramaturges contemporains recourent souvent à la narration éclatée pour raconter un monde écartelé.
Marielle Pinsard fait de même. Mais sa démarche ne convainc pas, parce que dans son texte les consciences féminines qui se bousculent et se recouvrent meurent avant même de se répondre. Ce qui laisse le sentiment d’un vide analytique que la mise en scène laborieuse a du mal à combler.
Ghania Adamo
«Comme des couteaux», à Genève, Théâtre Saint-Gervais; jusqu’au 2 décembre. Tel: 022/ 908 20 20
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