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Décès de l’écrivain Maurice Zermatten

Un livre de témoignages, "L'Ame et le coeur du Valais", a été publié en novembre dernier à l'occasion des 90 ans de Maurice Zermatten. Editions Pillet

Le romancier valaisan Maurice Zermatten est décédé dimanche à l'âge de 90 ans. Né le 22 octobre 1910 à Saint-Martin, dans le Val d'Hérens, cadet d'une famille de neuf enfants, il avait consacré sa vie à sa passion de l'écriture. Maurice Zermatten était malade depuis plusieurs mois, selon son biographe Micha Grin, auteur de trois livres sur l'écrivain valaisan.

En cinquante-neuf ans de carrière, Maurice Zermatten a écrit une centaine d’ouvrages dont une moitié de romans. Il avait toutefois renoncé au roman depuis plusieurs années.

C’est à l’âge de 10 ans que Maurice Zermatten prend conscience de sa vocation. Il apportait à manger à son père travaillant aux champs. Durant l’heure de marche pour s’y rendre, il se racontait des histoires.

Il a alors compris qu’il avait un monde en lui et qu’il désirait le partager. Dès l’âge de 12 ans, il écrit ses premiers poèmes. Mais il devra sortir du Valais pour sentir son attachement à sa terre natale et faire naître son premier roman.

Maurice Zermatten étudie à Fribourg. Il s’ennuie du Valais, du soleil et raconte son monde pour créer «Le coeur inutile». Le roman sort de presse en 1936, un an après son retour en Valais. Ramuz le félicite d’avoir osé «être vrai».

La critique littéraire de l’époque, suisse et même française, s’enthousiasme sur ce premier roman. Cet accueil favorable vaudra à l’ouvrage trois éditions successives. D’autres suivront, parmi lesquels «La Colère de Dieu» (1940), «Christine» (1944) ou encore «La Porte blanche»(1973).

Cette passion pour l’écriture ne nourrit cependant pas son homme, à plus forte raison une famille. Dès son retour en Valais, Maurice Zermatten enseigne au collège de Sion. Il exercera jusqu’à la retraite cette profession qu’il décrivait comme «un complément pour avoir une vie décente».

Elle le mène à s’orienter vers d’autres genres: essais, biographies et même théâtre. Mais le roman reste le plus fort. Il le décrivait comme «un genre complet où l’auteur crée des personnages, une histoire, un environnement. C’est une fiction qui traduit une réalité tant que l’on puise son imagination dans la vie».

Pas moins de quinze prix ont émaillé sa carrière. Maurice Zermatten, qui n’y accordait pas trop d’importance, les qualifiait lui-même de «chapelet d’autolouanges». Tout de même, le Grand prix de l’Académie française pour le rayonnement de la langue, obtenu en 1974, lui tenait à coeur: «Il récompense un auteur pour ses qualités professionnelles».

Il a notamment reçu le prix de la Fondation Schiller (1938 et 1946), le Prix de l’Alliance culturelle française (1968) et le Prix Gottfried-Keller (1959).

Maurice Zermatten aurait pu en faire plus. Des centaines de pages manuscrites dormaient dans ses tiroirs. «Des livres restés en panne. Ils n’étaient pas assez bons», commentait-il en 1995 avec un sourire et surtout sans l’ombre d’un regret.

swissinfo avec les agences

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