Désintérêt romand
Les Romands sont les grands bénéficiaires du fédéralisme en Suisse. Pourtant, la conférence de St-Gall ne les a pas vraiment intéressés.
Seuls deux conseillers d’Etat ont fait le déplacement. La presse romande s’est également montrée discrète.
Contrairement au quotidien Le Temps, peu de journaux romands ont envoyé un correspondant couvrir la conférence internationale sur le fédéralisme.
Dans la plupart des cas, ils se sont contentés d’écrire quelques articles sur la base des dépêches de l’Agence télégraphique suisse (ATS).
Un contenu un peu creux
La date de cette conférence n’est pas étrangère à ce relatif désintérêt. Elle est tombée en même temps que le sommet de la Terre, en Afrique du Sud. Entre les deux sujets, les rédactions ont préféré mettre l’accent sur l’avenir de la planète.
Autre problème de date: les vacances. «En cette fin du mois d’août, plusieurs journalistes étaient encore en vacances, explique Pascal Fleury, de la rubrique nationale de La Liberté. Nous aurions donc eu de la peine à envoyer un correspondant à St Gall».
Au-delà des problèmes de calendrier, le thème même du fédéralisme ne semble pas faire recette.
«Il n’y avait pas d’aspects très concrets, note par exemple un journaliste de la rubrique nationale de l’Express, à Neuchâtel. On craignait qu’il y ait beaucoup de «bla-bla».»
Du côté de l’ATS, qui a pourtant livré au moins une dépêche par jour, on confirme que le thème était difficile à traiter.
«La formule des ateliers ne se prête pas bien aux comptes-rendus, particulièrement pour une agence de presse», déclare Marianne Biber, responsable francophone de la rubrique nationale.
Arnold Koller déçu
Cette absence des médias romands a été remarquée à St Gall. «Je suis déçu, déclare le président de l’organisation Arnold Koller. Il semble que plus on s’éloignait de St-Gall, moins l’événement attirait l’attention.»
Mais l’organisation n’a rien fait non plus pour aider le travail journalistique.
«Je dois avouer que les sessions les plus intéressantes avaient lieu le soir, trop tard pour les délais rédactionnels», explique Arnold Koller.
«Nous avons sciemment fait ce choix pour donner une logique de travail, poursuit-il. La conférence vit du dialogue entre les participants, et ceci a été prioritaire sur le travail des journalistes.»
Calendriers politiques surchargés
Contrairement aux alémaniques, les gouvernements cantonaux romands ont brillé par leur absence. Seuls Ruth Lüthi (Fribourg) et Wilhelm Schnyder (Valais) se sont déplacés.
«Bien que la conférence n’ait pas eu lieu à Fribourg, siège de l’Institut du fédéralisme, nous avons décidé de jouer le jeu en envoyant Mme Lüthi, déclare Pascal Corminboeuf, président du gouvernement fribourgeois. En revanche, je ne m’explique pas la décision d’autres cantons romands.»
Du côté des absents, on invoque des problèmes de calendrier en cette période de rentrée politique.
«Nous avions deux séances très importantes du Conseil d’Etat, dont un pour examiner le budget», explique Pierre Hirschy, président du gouvernement neuchâtelois.
Pierre Hirschy n’estime pas pour autant se désintéresser du fédéralisme. En effet, il y a bien d’autres occasions durant l’année de développer ce sujet.
«On n’a pas l’impression, avec cette conférence, d’avoir définitivement perdu le contact ou la discussion», conclut le ministre neuchâtelois.
swissinfo/Olivier Pauchard
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