Deux démarches puristes
La galerie Ditesheim à Neuchâtel réunit deux plasticiens, dont les points communs sont la rigueur de la démarche et la fidélité à l'abstraction, qui n'exclut pas le lyrisme.
A 78 ans, la Française Geneviève Asse reste fidèle à ses choix premiers: on reconnaît ses peintures bleues, à la surface si lisse, aux tracés si délicats.
Les titres renvoient aux profondeurs de l’océan et à la transparence de la lumière, ou encore à une partition irrévocable de l’espace («Stèle, aube», «Lumière Senanque», «Atlantique», «Partage»).
Mais d’autres travaux, moins connus, font plus explicitement allusion à une volonté de construire un nouvel ordre: «Verticale», «Architecture» ou «Hommage au Japon».
Il s’agit de dessins, nullement bleus, réalisés à l’aide de la sanguine et du crayon conté, que l’artiste a amené à frotter ou plutôt effleurer le papier. En résultent des compositions qui semblent des palimpsestes, où se dessinent des lignes droites, des ombres, une architecture engloutie. Dialoguent avec ces tableaux les sculptures de pierre du Japonais Osamu Nakajima.
Celui-ci est né en 1937 à Kaijyo, dans la province de Nagasaki, et il a émigré en Europe, précisément en Autriche, la trentaine venue.
Il prise les surfaces polies des marbres et des granits, des matériaux durs qu’il semble plier à sa guise, à la façon d’origami. Les arêtes de ces sculptures au sol, stèles torsadées, serpentins tronqués, forment, elles aussi, une manière d’architecture inédite.
Laurence Chauvy
Galerie Ditesheim, Neuchâtel, jusqu’au 19 janvier (tél. 032/ 724 57 00)
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