Didier Schuller, recherché en République dominicaine, ruiné en Suisse
Recherché par la justice française, Didier Schuller est ruiné depuis la faillite de son gestionnaire de fortune genevois.
Dénoncé par son fils, Antoine Schuller, dans les colonnes du journal Le Parisien, Didier Schuller, ancien collaborateur de Charles Pasqua, est dorénavant un homme traqué. La France a demandé jeudi son extradition de la République dominicaine où il vivait, selon son fils, «comme un pacha».
L’histoire remonte à 1995. Didier Schuller, conseiller général RPR et directeur des HLM des Hauts-de-Seine, le département de Charles Pasqua, est recherché par la justice française. Il préfère disparaître. Les enquêtes laissent apparaître qu’il serait passé par la Suisse, Israël, puis les Bahamas et la République dominicaine.
Dès cette époque, les justices française et suisse découvrent que Didier Schuller possède des intérêts dans la Senegest, une société basée à Fribourg, et dont le fils, Antoine, qui l’accuse aujourd’hui, avait le titre de «conseiller du directeur».
Argent perdu à la Bourse américaine
En revanche, lorsqu’en 1997 un gestionnaire de fortune genevois, Jacques H. est inculpé de «gestion déloyale» et incarcéré à Champ-Dollon, personne ne fait le rapprochement. Pourtant, le patron de H. Management, qui gérait 150 à 200 millions de francs, est soupçonné d’avoir tout perdu sur le Second marché américain.
Parmi ses riches clients français, l’homme politique André Schuller, réfugié dans la Caraïbe. L’événement provoque quelques remous sur la place financière genevoise. En revanche, il ne perturbe pas la justice française.
Qui paie pour Schuller?
La faillite de Didier Schuller n’est pourtant pas sans conséquence. L’histoire, révélée dans le quotidien Libération d’aujourd’hui, amène à se poser plusieurs questions. Si l’ancien conseiller général RPR est sans le sou, il faut imaginer que de proches amis subviennent à ses besoins.
Il serait intéressant de savoir si certains hommes politiques payent pour ne pas voir Didier Schuller revenir en France. Et s’ils sont prêts à verser davantage pour ne pas le voir revenir avant l’élection présidentielle.
Autre source d’intérêt: si la justice suisse a investigué les comptes de la société Senegest de Fribourg, peut-être a-t-elle une idée de la provenance des sommes qui alimentaient les comptes de Didier Schuller. L’information a-t-elle été transmise en France? Est-ce la France qui ne souhaite pas recevoir l’information depuis sept ans?
Ian Hamel
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