DJ’s suisses à Londres
Le label «Mercurochrome» tente de se faire une place sur la scène internationale de la musique expérimentale avec l'aide d'un artiste britannique.
Aster O.H., Smees et Fugo, deux Jurassiens et un Zurichois étaient jeudi soir au «Herbal Club», sous le label «Mercurochrome». Mercurochrome, aujourd’hui, ce sont six amis jurassiens, un britannique enthousiasmé par les précédents nommés, douze artistes en catalogue, trois vinyles en 20 mois d’existence… et, avant tout, un label. Il a été préconçu dans les profondeurs des sous-bois jurassiens au début des années 90. Ce ne fut d’abord qu’un embryon de projet, la chimère de quelques amis.
La préhistoire de Mercurochrome, c’est l’histoire banale d’un étudiant, André Ferlin, qui organise des soirées au lycée. Il y prend plaisir, des amis le rejoignent. Les goûts musicaux évoluent vers la musique électronique.
Puis les soirées institutionnelles lycéennes se transforment en «free parties» dans les forêts jurassiennes. Elles rassemblent entre 100 et 300 personnes malgré leur caractère inofficiel et leur politique musicale très ciblée. Les organisateurs… s’organisent: en mars 2000 naît Mercurochrome et l’envie de se faire connaître et reconnaître. Le coup de pouce vint d’un homme connu de la scène électronique avec son label SUBHEAD, Jason Leach.
Jason et ses Argonautes
Jason Leach navigue entre l’Allemagne et le Japon, mais vit à Londres. C’est là qu’il compose et produit, dans son appartement-atelier-studio, en fait une ancienne halle industrielle dans le quartier de Shoreditch.
Jason Leach avait été invité à jouer en Suisse, à fin 99. Il y croise alors les futurs membres de Mercurochrome et découvre un choix musical exigeant qu’il qualifie de «techno-électro minimal, jouée avec intelligence» et des gens bien organisés. De cette rencontre naîtra leur collaboration.
Mercurochrome apporte sa musique et son sens de l’organisation. Jason Leach amène son argent et sa connaissance du milieu. Cet investissement ne lui rapporte rien, mais le résultat artistique est là.
En 20 mois d’existence, Mercurochrome a sorti trois vinyles. Le premier s’est vendu à un millier d’exemplaires, le deuxième «moitié-moitié» à plus de 500, et «Kinder Überraschung», le petit dernier est encore tout frais dans les bacs des disquaires.
Gaëtan Vannay, Londres
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