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Expo.02: M

M comme le monolithe de Morat, ici avec son créateur Jean Nouvel Keystone

L'abécédaire d'Expo.02: M comme Morat ou millions. Avec Nelly Wenger, Frédéric Hohl et Daniel Rossellat, nous sommes à la mi-parcours de notre abécédaire.

M comme Morat

Morat est le siège de l’un des arteplages fixes. Même question que pour Bienne: le cliché qu’ils avaient de cette ville avant, l’image qu’ils en ont maintenant.

Jusqu’à sa collaboration avec Expo.02, Daniel Rossellat ne savait pas grand chose de Morat. Il y avait passé une nuit et s’était fait dévorer par des moustiques, seul souvenir marquant pour lui. Son regard s’est un peu élargi entre-temps: «c’est une ville magnifique. Jean Nouvel a intégré de manière très subtile l’expo dans la ville. Ce n’est pas pour favoriser les aspects logistiques (importante dispersion des différents éléments, ndlr), mais au niveau de l’urbanisme, c’est un chef d’œuvre».

Frédéric Hohl voyait en Morat une sorte de deuxième Gruyère: «la ville touristique où on amène des amis étrangers pour leur montrer une image de la Suisse. L’image d’aujourd’hui est plus poétique et plus osée… Car c’est quand même assez osé d’avoir mis ce monolithe dans la rade de Morat!»

Pour Nelly Wenger, «c’est le cliché de la ville carte postale. La très belle ville figée dans le temps, où tout est ripoliné, une ville belle mais un peu morte. Et c’est justement l’idée de Jean Nouvel de vouloir réactiver le temps. De montrer qu’on peut être attaché à sa mémoire, à son passé, mais aussi réactiver le temps et se projeter dans l’avenir.» Nelly Wenger voit également dans Morat une métaphore de la Suisse, «où l’on est toujours coincé entre des traditions et l’envie de se projeter dans le futur».

«Instant et Eternité»

«Instant et Eternité», c’est la thématique associée à l’arteplage de Morat. Frédéric Hohl en voit une bonne illustration dans les trois panoramas qu’on pourra découvrir dans le monolithe: celui de la bataille de Morat, un autre panorama un peu futuriste, et puis, en regardant la rade, la ville de Morat. Donc là, vous avez un instant où trois images dans le temps sont projetées».

«Une thématique très intéressante, très riche, qui peut permettre de repenser à certains moments, qui peut nous inciter à vivre intensément le moment présent, tout en ayant un regard tendre ou sévère sur le temps passé», propose quant à lui Daniel Rossellat. Ni Apollinaire, ni Léo Ferré ne le contrediront.

M comme millions

En cette fin décembre 2001, combien en manque-t-il encore, des millions? «On est encore à la recherche de 120 millions», constatent Frédéric Hohl et Nelly Wenger. Un déficit de recettes dû au sponsoring des partenaires privés, plus faible que prévu. Par contre, «nous avons maîtrisé complètement les coûts, ajoute Nelly Wenger, puisque nous avons eu à peine 2% d’augmentation en deux ans. Ce qui est pratiquement une prouesse, alors que les coûts ont explosé dans beaucoup de domaines, et que nous étions dans le contexte de projets peu définis».

Les 120 millions manquants peuvent-ils entraîner de nouvelles coupes? La directrice est catégorique: «non, c’est totalement exclu. Nous avons fait une dernière compression, ou réorganisation, du projet, pour retrouver encore 40 millions d’économies. Cela a été une opération à haut risque, puisque nous étions à moins de 250 jours de l’ouverture. Mais j’ai clairement dit que c’était la dernière réorganisation possible».

«Je pense qu’avec un projet aussi grand que l’expo – un budget de 1,4 milliard – certains perdent un peu le respect des millions. Mais rassurez-vous: la pression budgétaire a rappelé que chaque franc était important», constate Daniel Rossellat.

Lequel poursuit en évoquant son secteur: «Du côté des events, il nous manque à peu près 20 millions pour atteindre notre objectif de sponsoring. Il faut savoir qu’on a passé le chapeau après tous les autres, dans un moment pas vraiment favorable. On a quelques projets qui sont dans le tiroir de l’espoir: s’ils trouvent un partenaire, on pourra les financer. Sinon, ce sont des projets qui vont s’archiver dans l’armoire des regrets». Daniel Rossellat, ou l’art d’être poète même dans le cadre très terre-à-terre d’un budget.

Bernard Léchot

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