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Expo.02: S

S comme Swissair, au hasard... Keystone Archive

L'abécédaire d'Expo.02: S comme Suisse, évidemment. Et comme Swissair. Nelly Wenger, Frédéric Hohl et Daniel Rossellat, côté croix blanche sur fond rouge.

S comme Suisse

«Le Suisse trait sa vache et vit paisiblement», écrivait Victor Hugo, en général prolixe et pourtant capable de saisissants raccourcis. Alors que font, que sont, le Suisse et la Suissesse? «Des gens réservés, toujours un peu gênés d’organiser quelque chose qui paraît démesuré, même s’ils s’y rendront quand même», résume Frédéric Hohl.

«Il n’y a pas de Suisse moyen, pas de Suissesse moyenne. Il y a des grands traits collectifs, mais je ne connais pas deux Suisses qui se ressemblent complètement», constate Nelly Wenger, qui parvient tout de même à dégager une ligne directrice ou l’autre: «moi je trouve que le Suisse a de l’humour – tout le monde rit quand je dis ça, mais je le pense vraiment. Par contre, il est un peu conformiste.»

Son vœu? «Je souhaiterais que des Suisses tels que ceux que je croise à l’expo, qui sont des anticonformistes, des gens drôles, des gens qui savent se projeter dans l’avenir et prendre des risques, je souhaiterais qu’on les voie plus dans le débat public et dans la vie collective du pays.

Daniel Rossellat, de son côté, a réellement pris conscience que «la culture suisse n’existe pas». «Dans le cadre d’Expo.02, je me suis rendu compte des différences incroyables qu’il existe sur le plan culturel entre les Suisses.»

Et d’illustrer le propos: «on n’a pas de capitale culturelle – si les Zurichois pensent que c’est Zurich, je ne suis pas sûr que les Lausannois ou les Bâlois soient d’accord avec ça. On a donc des pôles culturels, mais la capitale culturelle, pour certains, c’est aussi New York, Londres, Paris, Berlin ou Milan. C’est vrai également qu’on n’a pas de ministère de la culture… Il y a vraiment une analyse étonnante à faire par rapport à la situation culturelle du pays.»

S comme Swissair

L’automne helvétique a été marqué par la fin pitoyable et surréaliste de la compagnie aéronautique dite «nationale». Plutôt un gâchis économique et humain ou un ébranlement national et identitaire?

«Un grand gâchis: c’était un outil de travail impressionnant, et un outil de communication, une marque de qualité pour le pays à travers le monde», répond le patron de Paléo. «Personnellement, cela me touche parce qu’il y avait aussi une relation affective: j’ai fait tellement de voyages avec Swissair, dans tous les coins du monde… Chaque fois que je revenais, le fait d’être dans un avion avec les journaux du pays, c’était un moment très agréable, j’étais déjà à la maison».

Frédéric Hohl, lui, est résolument pragmatique: «durant les dix prochaines années, cela va servir à toutes les entreprises qui seront en manque de financement. Chacun pourra dire: avec ce que la Confédération a donné à Swissair, finalement, ce n’est pas grand chose que de donner x francs pour tel ou tel projet. Que ce soit l’expo ou autre chose.»

«Je ne me prononce pas sur le gâchis ‘managerial’, parce que je n’ai pas d’éléments autres que ce que je lis dans la presse, déclare Nelly Wenger. Mais sur l’aspect identitaire, c’est évident que les réactions m’ont beaucoup intéressée. Pourquoi s’attache-t-on à un tel symbole?»

Nelly Wenger a entrevu des analogies avec Expo.02: «par exemple, constater qu’on se fâchait de savoir qu’il n’y avait pas d’intervention de l’état et que les avions étaient restés au sol, mais que lorsque l’état intervenait, on lui reprochait de le faire. Tout ça est très compliqué.»

La dimension sociale l’a également frappée: «le plus triste, c’est quand même ces gens qui se sont retrouvés sans travail du jour au lendemain. Et surtout, je pense qu’ils étaient eux-mêmes très attachés au symbole. Cela a dû être un choc indescriptible d’être un jour employé de Swissair et le lendemain employé de plus rien.»

Bernard Léchot

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