Gallimard et la Suisse
Après être passée par Genève, Lausanne et Neuchâtel, l'exposition intitulée «Gallimard et la Suisse, un siècle d'affinités littéraires» s'arrête à Berne.
Après être passée par Genève, Lausanne et Neuchâtel, l’exposition intitulée «Gallimard et la Suisse, un siècle d’affinités littéraires» s’arrête à Berne.
A Paris, Gallimard et la NRF, deux noms célébrissimes de l’édition française. Un peu plus au sud, Fernand Auberjonois, Corina Bille, Georges Borgeaud, Nicolas Bouvier, Charles-Albert Cingria, Jacques Chessex, Albert Cohen, Philippe Jacottet et bien d’autres… Une pléiade d’écrivains suisses qui ont été publiés par l’éditeur français. Entre deux, ceux qui ont servi d’intermédiaires, de «passeurs», comme Jacques Rivière, Jean Paulhan, Jacques Réda ou encore le journaliste et éditeur vaudois Bertil Galland.
Cette exposition, qui a été montée par la Bibliothèque nationale suisse et la maison Gallimard, est essentiellement constituée de photos, de manuscrits et de lettres, largement éclairés par des panneaux explicatifs très complets.
Pourquoi cette notion d’«affinités littéraires»? «De Rivière à Paulhan, il y a eu une sorte de courant de sympathie et d’intérêt vis-à-vis d’auteurs comme Corinna Bille ou Georges Borgeaud. C’était assez difficile, car il y avait en France, à cette époque-là, une sorte d’autosatisfaction envers la littérature parisienne, et une certaine méfiance à l’égard de tout ce qui venait de l’autre côté des Alpes», précise Antoine Gallimard, l’actuel PDG.
Les rapports entre Paris et la Suisse romande ont-ils réellement changé entre-temps? Bertil Galland en est convaincu: «Lorsque j’ai créé mes propres éditions, c’était pour pallier à une absence. Aujourd’hui, il y a une série de maisons d’éditions très actives en Suisse romande, et à Paris, des éditeurs tout à fait ouverts à des écrivains qui viennent d’ailleurs. A la décolonisation politique a correspondu une décolonisation évidente de la culture française».
Pour autant, il ne faudrait pas en déduire hâtivement que la mythique couverture blanche marquée du sigle «NRF» est accessible au premier talent venu, qu’il soit romand ou non… Loin de là.
Bernard Léchot
L’exposition «Gallimard et la Suisse – Un siècle d’affinités littéraires», au Forum für Medien und Gestaltung, à Berne, jusqu’au 12 mars.
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