Glamour made in Switzerland
A l'occasion de sa 5e édition, le «Prix du cinéma suisse» s'est payé, mercredi à Soleure, un lifting bienvenu.
Changement de lieu tout d’abord. La belle mais tristouille «Konzertsaal»a cédé sa place à la vaste «Reithalle», rénovée en une salle de projection de 900 places. Tentures noires, tapis rouge, gradins, ambiance de concert rock ou de messe noire, au choix.
Parmi la foule figurait nombre de stars helvétiques, tous genres confondus: politiques (la conseillère fédérale Ruth Dreifuss, Jean Ziegler), culturelles au sens large (David Streiff, Martin Heller, Marco Solari), médiatiques (le gratin de SRG-SSR Idée suisse, dont le Grand Manitou Armin Walpen) ou artistiques (les «professionnels de la profession»… mais pas Jean-Luc Godard, on l’a dit).
Merci la télé!
Eclairage soigné, blonde présentatrice en fourrure et paillettes (la germanophone Suzanne Kunz), présentateur en noir et blanc – et ramant quelque peu (l’hispano-francophone Carlos Leal, leader du groupe rap Sens Unik), on se serait presque cru dans une émission de la RAI.
Et on n’aurait pas eu tout à fait tort: la télévision alémanique transmettait l’événement en direct. Quant à la TSR, elle se limitera à un «best of Soleure» lors de la prochaine édition de Faxculture, une émission produite et présentée par Florence Heiniger, également membre du jury du Prix du cinéma suisse… ça va, vous suivez?
On plaisante, on plaisante, mais on se réjouit en même temps. Car si la télévision manifeste un regain d’intérêt pour le cinéma suisse, cela signifie que la cause de ce dernier n’est pas totalement perdue auprès du public.
Musique et humour
Pour aérer le programme, les organisateurs ont fait appel au groupe «I Salonisti» (rendu célèbre par sa présence sur la B.O. de «Titanic»). Jolis moments d’ailleurs:
Il joue «La Strada» et «Il était une fois dans l’Ouest» sur fond d’écran géant, un écran qui diffuse quelques images clés des chefs-d’œuvre en question…
Bref. Le cinéma suisse se paie enfin une cérémonie susceptible d’en jeter un minimum auprès du grand public, celui qui fait que, malgré les esprits chagrins, le cinéma peut exister. Tiens, il y a même eu des larmes, celles – sincères – de Michael Finger, sacré «meilleur interprète masculin».
Mais il y a eu des rires, aussi. Par exemple quand l’une des jeunes comédiennes primées a déclaré que c’était «megaschön». Ou quand Ruth Dreifuss, évoquant les subventions fédérales en matière de cinéma, a cité une formule japonaise: «Un escargot sur le Mont Fuji… lentement, il monte, il monte».
Et de conclure, en réponse à une question de Carlos Leal à propos de ce qui fait le plus défaut au cinéma suisse: «Ce n’est pas l’inspiration qui manque, c’est le fric!» Parole de ministre.
Bernard Léchot
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