«Léonce et Léna», une belle rêverie autour de l’amour
Tout près de Genève, à Annecy, le Français André Engel met en scène la pièce de Georg Büchner.
C’est une rêverie autour d’un couple: Léonce, prince héritier du royaume de Popo, et Léna, princesse du royaume de Pipi. Deux aristocrates de pacotille fiancés malgré eux, qui se fuient puis se retrouvent par hasard et s’aiment avant de découvrir leur identité mutuelle.
Sur cette intrigue de conte de fées, intitulée «Léonce et Léna», Georg Büchner a greffé son humour de désespéré. Le dramaturge allemand mort du typhus en 1837, à 23 ans, avait très tôt compris – et c’était la marque de son génie – que l’amour est une illusion.
A celle-ci, le metteur en scène André Engel a donné toute sa dimension spectaculaire en inscrivant la pièce dans l’univers du cinéma, outil à produire du rêve par excellence.
Objectif de caméra
Son spectacle, présenté actuellement à Annecy, se joue comme une suite de séquences filmiques qui s’enchaînent avec une fluidité millimétrée et donnent à la narration fragmentée de Büchner un aspect compact.
Du plateau, le metteur en scène a fait un objectif de caméra qui, grâce à un jeu subtil de rideaux, cadre le mouvement des acteurs et le décor (bucolique) en carton-pâte.
Fondu-enchaîné, gros plan, ouverture et fermeture à l’iris… toute la technique cinématographique y est. Elle fait de cette rêverie naïve et cruelle, par moments mièvre, par d’autres cynique, une oeuvre plastiquement superbe.
Ghania Adamo
«Léonce et Léna», à Annecy (France), Bonlieu Scène Nationale; jusqu’au 18 novembre. Tel: 00 33/4 50 33 44 11
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