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L’amour qu’on nous refuse

«Les Affluents», entre quête d’amour et revolver. Mario del Curto

A Lausanne, le chorégraphe lausannois Philippe Saire présente sa pièce «Les Affluents».

Une rencontre d’énergies et de flux. Une force d’opposition, aussi, dont le chorégraphe parle ici avec ardeur.

Le moins que l’on puisse dire, c’est que «Les Affluents», pièce que Philippe Saire présente au Théâtre Sévelin 36, est portée dramatiquement par l’actualité.

Prophétie de l’auteur, hasard du calendrier ou tout simplement perspicacité de l’artiste capable de montrer autrement qu’à la télé la violence du monde? Les trois à la fois sans doute.

Quand Saire crée la saison dernière «Les Affluents» à Lucerne, un forcené qui sévit à Zoug prend alors en otages des parlementaires locaux. Maintenant que la pièce est dansée à Lausanne dans une nouvelle distribution, des terroristes tchétchènes s’emparent d’un théâtre à Moscou.

Entre ces deux événements, une année s’est écoulée. Mais la question revient, différente dans son contexte, identique dans sa formulation: le besoin de reconnaissance ne peut-il s’exprimer que par la force?

Une supplique désespérée

Même interrogation dans «Les Affluents» dont le thème est la quête d’amour éperdue, menée à la force de l’épée. Ou plutôt du revolver. Celui-là même qu’un des danseurs brandit contre son partenaire à qui il semble demander avec insistance: reconnais-tu mon art? Et comme il n’obtient pas de réponse, il passe à la menace.

«Par la reconnaissance, explique Philippe Saire, on réclame l’amour. L’amour que les autres nous refusent souvent et qui finit par prendre la forme d’une supplique désespérée». La danse que conçoit Saire est très «écrite», très émotive, très physique mais très psychique aussi.

«Dans ‘Les Affluents’, poursuit le chorégraphe, ce qui m’intéresse c’est de montrer le danger que comporte toute rencontre avec autrui. Même quand celle-ci est pacifique, on met en péril son identité, sa propre image. Il y a des situations dans le spectacle où la rencontre devient possession par la mort».

Posséder un corps jusqu’à le dévorer! C’est là un autre aspect de l’amour que «Les Affluents» évoque aussi. Avec tout le magma – de pulsions – que ce titre charrie.

swissinfo/Ghania Adamo

«Les Affluents». A Lausanne, Théâtre Sévelin 36; du 31 octobre au 10 novembre. Tel: 021/626 38 12

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