L’amour sous microscope
Mise en scène à Genève par Geoffrey Dyson, «Une Immaculée Miss Conception» combine avec humour idéal romantique et curiosité scientifique
C’est une tendance chez les auteurs dramatiques d’aujourd’hui, que de choisir des thèmes célèbres pour leur faire subir un «lifting» par l’injonction de dissonances, plus ou moins réussies, qui réveillent le public.
Le Théâtre du Grütli, à Genève, en a fait l’expérience cette saison en programmant un cycle sur la «Science au théâtre», avec trois pièces: «Comment ça va Zassetski?», «Le Chant de l’étoile» et «Une Immaculée Miss Conception». Actuellement à l’affiche, cette dernière est la plus attractive des trois, parce qu’elle joint à la pertinence de son argument dramatique une interprétation drôle et une mise en scène aérée, signée Geoffrey Dyson.
La reprise par son auteur Carl Djerassi (professeur de chimie à l’Université de Stanford, en Californie) d’un thème vieux comme le monde, l’amour, séduit grâce à l’utilisation qui en est faite. Car cet amour est placé sous microscope; au sens propre et figuré de l’expression.
Science diabolique
Au sens propre, d’abord: la fécondation d’un ovule in vitro, dont on suit le processus sur un écran qui barre l’horizon de la scène. Au sens figuré ensuite: l’examen minutieux des relations amoureuses entre un ingénieur nucléaire, Menachem (Roberto Salomon) et une jeune chercheuse, Mélanie (Caroline Gasser). Laquelle partage un coin de son laboratoire avec Félix (Michel Kullmann), un scientifique passionné comme elle par les recherches sur l’infertilité.
L’idylle entre Menachem et Mélanie sera perturbée par la stérilité du premier. Comment vaincre cet obstacle? On taira la fin de cette histoire que l’auteur et son metteur en scène, aidés par trois acteurs très justes dans leurs inquiétudes placides, traitent sur le mode ludique.
L’un détourne l’idéal romantique au profit de la science, forcément diabolique. L’autre ajoute à l’intrigue des éléments qui, dans le spectacle, la font apparaître sous une autre lumière. Celle d’un soleil ovoïde, placé en fond de scène, qui réchauffe l’amour trop clinique de Menachem et Mélanie.
swissinfo/Ghania Adamo
«Une Immaculée Miss Conception», à Genève, Théâtre du Grütli; jusqu’au 5 mai. Tel: 022/328 98 78
En conformité avec les normes du JTI
Plus: SWI swissinfo.ch certifiée par la Journalism Trust Initiative
Vous pouvez trouver un aperçu des conversations en cours avec nos journalistes ici. Rejoignez-nous !
Si vous souhaitez entamer une conversation sur un sujet abordé dans cet article ou si vous voulez signaler des erreurs factuelles, envoyez-nous un courriel à french@swissinfo.ch.