La danse de Pietra contre les mines
Marie-Claude Pietragalla danse pour le 20e anniversaire d'Handicap International, en guerre contre les mines antipersonnelles.
«Je n’ai pas hésité une seule seconde quand j’ai su que c’était pour une cause humanitaire», déclare Marie-Claude Pietragalla. C’est dire si la directrice du Ballet national de Marseille ne défraye pas la chronique uniquement pour ses récents différends avec les syndicats, s’agissant de licenciements abusifs.
A l’origine de ce gala, en ouverture du 20e anniversaire de l’association Handicap International, on découvre une société de spectacles, WAM Productions, basée à St-Prex, dans le canton de Vaud.
Un corps à protéger
«Nous voulions tirer un parallèle entre ces deux antagonismes de l’élévation du corps dans la danse et de sa mutilation par les mines antipersonnelles, explique Ziai Massouma, organisatrice d’origine afghane de WAM. Et nous avons pensé à Marie-Claude Pietragalla pour incarner sur scène la lutte que mène Handicap International.»
«Pour le danseur, explique Marie-Claude Pietragalla, le corps est son outil de travail quotidien. Qu’il modèle et cisèle jusqu’à la perfection de son expression, durant des mois, des années.»
Or, pour une femme-chorégraphe, de surcroît danseuse-étoile, «voir des corps mutilés, qui plus est des corps d’enfants, est intolérable et révoltant. C’est une violente atteinte à la liberté de l’expression corporelle».
«On se demande d’ailleurs pourquoi, encore à notre époque, des pays n’ont pas adhéré au traité sur l’éradication complète des mines antipersonnelles», s’interroge Marie-Claude Pietragalla.
En effet, une cinquantaine de pays, dont les Etats-Unis, la Russie et la Chine, n’ont pas encore signé le traité d’interdiction 1997 concernant l’utilisation des mines antipersonnelles.
Un fléau à éradiquer
Dès lors, «quel est le moyen pour un artiste de lutter contre ce fléau, poursuit Pietragalla, sinon celui de monter sur scène et de montrer tout ce que l’être humain peut faire de magnifique avec son corps».
D’ailleurs, permettre au plus large public de découvrir la danse en multipliant les actions de sensibilisation est l’un des quatre objectifs de la nouvelle orientation que Marie-Claude Pietragalla a donné au Ballet et à l’Ecole de Marseille, depuis son accession à la direction, en 1998.
Ainsi, à Genève, l’Arena consacre la représentation de vendredi aux établissements scolaires, aux écoles de danse et aux établissements médicaux sociaux et, celle de samedi, au gala proprement dit, destiné, lui, au grand public.
Emmanuel Manzi
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