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La musique en deuil

Tibor Varga, photographié le 1er juillet 2001 dans son jardin à Grimisuat. Keystone Archive

Le violoniste d’origine hongroise Tibor Varga est décédé jeudi à son domicile de Grimisuat (VS) à l’âge de 82 ans.

Etabli en Valais depuis 1956, il laissera une profonde empreinte dans le monde musical valaisan, mais aussi international.

Tibor Varga est probablement décédé des suites d’un malaise cardiaque, a indiqué à l’ats sa fille Susan Rybicki.

Très actif, le violoniste se consacrait à l’enseignement du violon en Valais et venait de conduire dans le Jura le 37e Concours international de violon qui portait son nom.

Un don précoce

Né le 4 juillet 1921, Tibor Varga a quatre ans lorsqu’il fait pour la première fois courir un archet sur les cordes d’un violon.

Ses prédispositions musicales le conduisent deux ans plus tard à fréquenter des cours dans sa ville natale de Györ (Hongrie).

A l’âge de dix ans, il interprète en public le concerto pour violon de Mendelssohn. Quelques mois plus tard, il entre au conservatoire de Budapest.

Premières tournées

A quatorze ans, il entreprend ses premières tournées dans une Europe pourtant chahutée par la crise.

Au début de la guerre, Tibor Varga abandonne le podium pour les bancs de l’université, où il s’inscrit en faculté de philosophie. La fin du conflit marque le grand retour du violoniste à la musique. Et en 1947, Tibor Varga quitte définitivement son pays.

Après diverses tournées dans le monde, il se voit confier par l’Académie de Detmold (Allemagne) la direction d’une «Meisterklasse». Il occupe ce poste de 1949 à 1986, mais s’établit en Valais en 1956, un choix dicté par les problèmes de santé de son fils.

Un festival difficile à créer

En Valais, le festival qui porte son nom a toutefois été créé quelques années avant l’arrivée du maître.

La manifestation était née dans la douleur, après plusieurs années de tractations. Pour Tibor Varga, le canton ne remplissait pas les conditions nécessaires à un tel festival.

Il fallait, a-t-il exigé, créer une artère musicale européenne à travers le Valais et inciter les artistes invités à demeurer quelques semaines sur place pour enseigner. Avec le temps, les conditions posées par Tibor Varga seront largement remplies.

En septembre 1997, au terme de la 33e édition du festival, Tibor Varga fait ses adieux au public en qualité de directeur artistique, cédant la place à son fils Gilbert.

En 2001, il se retire du comité du festival, de fortes dissensions l’opposant au nouveau comité en place.

Il décide alors de retirer son nom à la manifestation et de continuer à organiser son propre concours de violon.

En 2002, deux concours de haut niveau se sont ainsi affrontés à Sion. Une solution avait été trouvée cette année instituant une alternance entre les deux épreuves.

Parallèlement au festival, une Académie de musique a vu le jour, ainsi qu’une section archets au conservatoire de Sion devenue par la suite l’Ecole supérieure de musique. Celle-ci a été intégrée en 2002 à la Haute école de musique valaisanne.

Tibor Varga, naturalisé suisse, est bourgeois d’honneur de Sion et de Grimisuat.

swissinfo et les agences

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