La petite musique de l’inconscient
La metteuse en scène vaudoise Martine Charlet crée à Lausanne «La Sonate des spectres» pièce de l'écrivain suédois Auguste Strindberg.
Ce n’est pas la première fois que la metteuse en scène vaudoise Martine Charlet aborde le théâtre d’Auguste Strindberg. De l’écrivain suédois, elle a déjà monté trois pièces: «La Danse de mort», «Père», et «Le Pélican».
A partir du 5 février, elle crée au Théâtre de l’Arsenic, à Lausanne, «La Sonate des spectres», pièce de chambre de Strindberg, qui mène vers l’inconscient, cet espace intime que l’auteur n’a cessé de visiter dans son œuvre, avec le désir de faire émerger les traumatismes souterrains. Ceux qui ont secoué sa vie d’homme et qu’il a transmis à ses personnages, dans le secret espoir d’exorciser ses propres angoisses.
Les symboles d’une mauvaise conscience
Quand il écrit «La Sonate des spectres», l’auteur se sait atteint d’un cancer. Fiévreux, délirant, il trace alors dans sa pièce le trajet de la souffrance psychique en imaginant l’histoire d’une famille «secrètement unie par un lien de crimes, cachés sous les apparences sociales».
Hummel, le personnage principal, fut jadis offensé par un colonel dont il finit par se venger en lui prenant sa femme. De cette relation naît une fille, espoir d’un bonheur que Hummel voudrait faire advenir et que Strindberg n’entrevoit que dans la mort réparatrice du mensonge, de la criminalité, de la cruauté… En un mot, du péché.
«Les interrogations de Strindberg m’intéressent parce qu’elles sont métaphysiques, explique Martine Charlet. Son œuvre, très moderne, pose en même temps la question de l’identité et de la relation à l’autre. Cet autre que l’écrivain fait surgir comme un spectre dans sa ‘Sonate’, et auquel je donne dans mon spectacle la consistance d’un être vivant.»
«Je pense, poursuit la metteuse en scène, que les fantômes strindbergiens sont les symboles d’une mauvaise conscience à laquelle seul le corps des acteurs peut accorder une existence réelle».
Ghania Adamo
«La Sonate des spectres», à Lausanne, Théâtre de L’Arsenic, du 5 au 17 février. Tel: 021/625 11 36
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