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La photographie, version romande

Gérard Pétremand, tiré de «Topiques», 1998-2002. Gérardd Pétremand, "Tropiques"

La photographie, version romande Le Musée de l'Elysée, à Lausanne, consacre une exposition à la photo romande... ou plutôt à la photo en Romandie.

Exposition en trois volets pour dire la diversité des temps, des œuvres, et tenter d’illustrer la modernité.

«photo.romande.elysee» est née d’un ouvrage, «Petite(s) histoire(s) de la photographie à Lausanne», que vient de publier le conservateur Daniel Girardin aux Editions Payot Lausanne. L’envie lui est venue de prolonger et d’élargir le propos.

Pour ce faire, Daniel Girardin a conçu une exposition en trois volets, qui proposent au visiteur de découvrir les racines de la photo d’art en Romandie, son passé récent et son présent. Avec les limites qu’implique évidemment la subjectivité de tout commissaire d’exposition.

Une impulsion venue d’Allemagne

Les racines, c’est Gertrude Fehr. Une photographe allemande qui, étant juive, quitte son pays lors de l’ascension nazie pour s’installer à Paris et y créer l’école Publiphot. En 1939, c’est en Suisse, à Lausanne, qu’elle se réfugie. Son apport va être fondamental.

«Elle a fondé l’Ecole Fehr, qui a eu un succès immédiat. A l’époque, la seule formation possible en Suisse était un apprentissage chez un photographe de studio, avec un angle surtout technique. Gertrude Fehr avait côtoyé l’avant-garde et elle a apporté une sensibilité totalement différente en Suisse», commente Daniel Girardin.

Mais elle se heurtera rapidement à une violente opposition de l’Union suisse des photographes. Elle devra donc fermer son école, se résoudre à la vendre en 1945 à l’Ecole des Arts et Métiers de Vevey… Où elle continuera d’enseigner.

Moult photographes seront formés par elles. Célèbre exemple étranger: l’artiste français Jean-Loup Sieff. Parmi les photographes suisses, Henriette Grindat ou Luc Chessex… Quelques-uns de ceux qui constituent le deuxième volet de «photo.romande.elysee».

Lointaines «eighties»

Le deuxième volet s’articule autour de la collection de l’Association pour la photographie contemporaine, association née en 1978 et qui s’est éteinte en 1999. Entre ces deux dates, s’est constitué un fond très riche qui a abouti dans les archives du Musée de l’Elysée.

Parmi les photographes présentés dans ce contexte: les déjà nommés Grindat et Chessex, mais également Nicolas Bouvier, Monique Jacot, Simone Oppliger ou Marcel Imsand.

Mais, bizarrement, ce passé proche nous paraît déjà lointain… La photo, comme la couture, même si nous n’en avons pas toujours conscience, est terriblement sujette aux «tendances».

Et certaines de ces images, majoritairement tirées des années 80, semblent soudain très datées. «Ce qui est intéressant, c’est de voir la distance entre ce qui se faisait dans les années 80 et ce qui se fait aujourd’hui», admet Daniel Girardin.

Aujourd’hui

Le présent est illustré par les travaux de quatre artistes. Points communs: l’usage de la couleur et la taille – immense – des formats. Sinon, en apparence en tout cas, la diversité est de mise.

Avec «Urban Rituals», la Neuchâteloise Catherine Gfeller joue de photomontages éclatés pour dire la multiplicité et le bouillonnement new-yorkais.

Olivier Christinat, emploie des figurants pour reconstituer des photos de presse, tentant bizarrement de métamorphoser en tableaux la gestuelle de la réalité. Cela s’intitule «Evénements».

Anna Kanai et Gérard Pétremand, quant à eux, s’intéressent l’intervention humaine dans le cadre du paysage. Villas et voitures dans le cas de la japono-zurichise («Kuruma no mawari»). Chantiers et décors urbains, photographiés comme des maquettes, pour le Genevois («Topiques»).

L’exposition que propose le musée lausannois s’intitule «photo.romande.elysee». La présence de ces quatre artistes pose donc la question du choix et d’une hypothétique représentativité. Pourquoi avoir choisi de mettre en avant ces quatre démarches-là?

«Parce que, pour moi, c’était celles qui se rapprochent le plus de ce qui se fait internationalement. Ce sont des images qui vont dans le sens d’une photographie qu’on trouve aussi à New York, à Berlin. C’est une réflexion qui, dans la photographie, est parfaitement contemporaine» répond Daniel Girardin.

On comprend l’intention. Mais on peut toutefois s’étonner que pour dire l’âme photographique d’une région, le principal critère retenu soit celui de sa similitude avec les grandes capitales du genre.

Globalisation, quand tu nous tiens…

swissinfo/Bernard Léchot

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