La plus vieille céramique d’Afrique
Près de 11'400 ans. C'est l'âge des fragments de céramique mis au jour par des archéologues suisses lors de fouilles au pays dogon, au Mali. La découverte fera l'objet d'une publication dans le numéro de septembre de la revue scientifique anglaise Revue Antiquity.
Jusqu’ici, on n’avait découvert des poteries aussi anciennes qu’en Asie (en Sibérie, en Chine et au Japon), leur période de fabrication se situant entre le 9e et le 15e millénaire av. J.-C.
«Il s’agit de tout petits fragments décorés qui font preuve d’une grande maîtrise des techniques du feu», a dit mercredi à Bamako l’ethno-archéologue Anne Mayor. Elle fait partie de l’équipe du professeur Eric Huysecom de l’Université de Genève, basée dans le village dogon de Dimmbal. Elle était parmi les scientifiques suisses qui ont débuté les premières fouilles sur le plateau de Bandiagara en pays dogon, il y a vingt ans.
Le site a été découvert par le géologue vaudois Marcel Burri, qui y a trouvé deux anciennes fléchettes lors de ses vacances.
«Actuellement nous travaillons sur le gisement d’Ounjougou. C’est un site unique qui a un potentiel de découverte immense», s’exclame Anne Mayor. Le travail est facilité par l’érosion naturelle de la rivière qui a entaillé les sédiments sur un profil de seize mètres.
L’équipe suisse, composée de cinq chercheurs de l’Université de Genève et de trois de l’Université de Fribourg, est spécialisée dans l’étude des céramiques anciennes. Depuis 1997, ils travaillent de concert avec des scientifiques français, allemands et maliens dans le cadre du programme de recherche international et interdisciplinaire «Peuplement humain et évolution paléoclimatique en Afrique de l’Ouest».
L’objectif du projet est de reconstituer les interactions entre l’Homme et son environnement du Paléolithique (âge de la pierre) à nos jours. Les premiers peuplements de cette région datent d’un million d’années.
Le financement suisse s’élève à quelque 300’000 francs par an. Ils proviennent du Fonds national suisse de la recherche, de l’Université de Genève et de la Fondation Suisse, Liechtenstein pour les recherches archéologiques à l’étranger.
swissinfo.ch et les agences
En conformité avec les normes du JTI
Plus: SWI swissinfo.ch certifiée par la Journalism Trust Initiative
Vous pouvez trouver un aperçu des conversations en cours avec nos journalistes ici. Rejoignez-nous !
Si vous souhaitez entamer une conversation sur un sujet abordé dans cet article ou si vous voulez signaler des erreurs factuelles, envoyez-nous un courriel à french@swissinfo.ch.