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«La Polonaise d’Oginski», une minauderie sentimentale

Pour écrire sa pièce, présentée à la Comédie de Genève, l'auteur russe Nicolaï Koliada a puisé son inspiration chez Tchekhov. Il déçoit ainsi que sa metteur en scène Lisa Wurmser.

Nicolaï Koliada a écrit «La Polonaise d’Oginski» à travers le prisme de deux pièces majeures du répertoire théâtral: «La Cerisaie» de Tchekhov et «Un tramway nommé Désir» de Tennessee Williams.

C’est en tout cas ce que nous dit le programme du spectacle. On entre donc dans la salle avec la joie de découvrir le texte de Koliada, dramaturge russe (44 ans) méconnu dans l’espace francophone, et auteur, nous précise-t-on, d’une soixantaine de pièces.

Des clichés naïfs et pesants

On en sort abasourdi tant cette «Polonaise» sent le camouflet. Tchekhov et Tennessee Williams sont noyés sous les clichés qui pèsent naïvement sur le spectacle.

D’un côté, donc, la Russie de «La Cerisaie» et ses images d’Epinal: meubles recouverts de draps blancs, neige, balançoire… (tiens, il manque le samovar!). De l’autre, l’Amérique du «Tramway» passée par le filtre du hard rock et de la transexualité affichée à travers maquillage et costumes, façon Michael Jackson.

Entre les deux, l’histoire de Tania, ersatz des personnages de Lioubov et de Blanche, les héroïnes respectives de Tchekhov et de Williams, deux femmes à la recherche désespérée de leur enfance perdue.

Au centre de «La Polonaise» est donc Tania (Catherine Vinatier), fille d’un ambassadeur de l’ex-URSS, qui, après la mort de son père, quitte Moscou pour New York où elle se prostitue.

Quand la pièce démarre, Tania est de retour à Moscou après dix ans d’absence. Commence alors une fantasmagorie où rôdent les vieux serviteurs de la maison et un ami de jeunesse que l’héroïne a aimé.

De l’endormissement à l’hystérie

Pour accompagner cette fantasmagorie, le spectacle plonge de temps en temps dans la jubilation scatologique (on pisse beaucoup sur scène) et dans une construction en surenchères où le jeu des acteurs passe de l’endormissement à l’hystérie.

S’il fallait trouver à la pièce une source d’inspiration plus mûre, on la situerait du côté des sitcoms pour la capacité qu’ont celles-ci à faire valoir la minauderie sentimentale.

Ghania Adamo

«La Polonaise d’Oginski». Comédie de Genève; jusqu’au 13 octobre. Tel: 022/ 320 50 01

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