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La Suisse romande tout entière redécouvre François Truffaut

Sous l´impulsion du producteur français Marin Karmitz, les films de François Truffaut ressortent en salles. Un premier «six-pack» arrive en Suisse romande. Son thème: «François Truffaut, un homme qui aimait les femmes».

«François Truffaut, un homme qui aimait les femmes»: le premier chapitre de la rétrospective consacrée à François Truffaut annonce, par son titre, quel genre de classification attend, encore et toujours, l’oeuvre du cinéaste. Et permet de deviner les appellations des cycles suivants: «Truffaut et Antoine Doinel», «Truffaut et les enfants», etc.

Or, à considérer l’ensemble de sa filmographie, il n’est pas certain que Truffaut soit LE cinéaste des enfants auxquels il ne consacra que trois films («Les 400 Coups», «L’Enfant sauvage», «L’Argent de poche»). Ni même LE réalisateur des femmes puisque, hormis le fait que de sublimes actrices trouvèrent chez lui de belles choses à faire (Jeanne Moreau, Catherine Deneuve, Fanny Ardant), son travail explore plutôt comment les hommes arpentent leurs atours en tous sens, donnant au monde son déséquilibre et sa discordance.

De sa vie amoureuse agitée, Truffaut a filmé en connaissance de cause la petitesse de l’homme et sa souffrance face à l’idéal féminin. Celles de Jules et Jim vivant à en mourir pour la même femme. Celles de Depardieu à la folie pour Fanny Ardant dans «La Femme d’à côté». Celles de Belmondo souffrant dans «La Sirène du Mississippi». Celles d’Antoine Doinel/Léaud agité par la jalousie et la rancune. L’homme qui aimait les femmes par défaut, en somme. Ou à défaut de ne pas pouvoir aimer les hommes, ces nains qui accordent heureusement le monde à leurs désirs à travers le cinéma, l’art et la création et adorent parler de ce palliatif comme d’un enfantement virtuel.

«Je fais des films pour éprouver les émotions de la maternité et la plénitude qu’elle procure», écrivait Truffaut en 1981. Alors, Truffaut, un homme qui aimait les femmes, oui, mais comme tous les autres dans ce genre tourmenté de la race humaine: pour parer à son propre naufrage, au défaut de n’être qu’homme. C’est cette fragilité, plutôt que la statue inamovible de l’auteur par excellence, que cette rétrospective permettra de redécouvrir.

Thierry Jobin

«François Truffaut, un homme qui aimait les femmes». Rétrospective de six films: «Jules et Jim» (1961), «Les Deux Anglaises et le continent» (1971), «L’Histoire d’Adèle H.» (1975), «L’Homme qui aimait les femmes» (1977), «Le Dernier Métro» (1980), «La Femme d’à côté» (1981).
Genève, CAC Voltaire, jusqu’au 29 octobre. Lausanne, Cinéma Richemont, du 10 octobre au 7 novembre. Dès la mi-novembre à Neuchâtel, La Chaux-de-Fonds, Fribourg, Sion, Vevey, etc.


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