La TSR sur la touche pour le Mondial
Les téléspectateurs de la TSR seront privés de Coupe du monde de football 2002. Pour des raisons financières SRG SSR idée suisse renonce à acheter les droits de retransmission des matchs qui se dérouleront au Japon et en Corée.
Après plusieurs mois de tractation avec KirchSport AG, la Société suisse de radiodiffusion et télévision jette l’éponge. Elle a annoncé mardi qu’elle renonçait définitivement à l’acquisition des droits de licence pour la Coupe du monde de 2002. La société allemande, détentrice des droits de retransmission, lui avait d’ailleurs signifié l’interruption des négociations d’ici à la fin octobre.
Coûts de l’opération
En d’autres termes, les téléspectateurs ne pourront pas suivre l’événement sur leurs chaînes nationales. «C’est regrettable», commente laconiquement le chef des sports de la TSR. «Mais, nous comprenons la décision», précise François Jeannet.
Cette décision est essentiellement motivée par les coûts de l’opération. Et, notamment, les prix particulièrement élevés des licences commercialisées par KirchSport AG. «La première offre du groupe allemand s’élevait à 18 millions de francs», a déclaré Armin Walpen, le directeur de SRG SSR idée suisse, sur le plateau de la TSR.
A cette lourde facture, la Société suisse de radiodiffusion et télévision aurait encore dû ajouter les frais – non moins élevés – de production. La compétition se déroulera, en effet, sur cinq semaines, dix stades et deux pays. Selon les premières estimations de SRG SSR idée suisse le coût du projet avoisinerait 25 à 30 millions de francs.
Diminution programmée des recettes
Au fil des diverses tractations, la société détentrice des droits et SRG SSR idée suisse étaient parvenues à rapprocher leurs vues en matière de finance. Mais cela n’a pas suffi à faire décoller le projet.
En effet, la Société suisse de radiodiffusion et télévision invoque désormais la diminution programmée de ses recettes. A l’avenir, elle devra compter sur une baisse de la redevance. Quant aux perspectives des économistes, elles laissent présager un ralentissement de la conjoncture et un recul de ses recettes publicitaires.
Pour suivre la Coupe du monde de 2002 sur petit écran, les Suisses devront donc se rabattre sur les chaînes étrangères. Les télévisions publiques allemandes ont déjà signé un accord en vue de la diffusion de 25 matchs. Une décision soutenue par la perspective d’une Coupe du monde de 2006 sur sol germanique.
Des incertitudes pour la France notamment
L’Espagne en a fait de même. Mais, pour l’heure, les télévisions françaises, italiennes, autrichiennes ou anglaises ne savent toujours pas si elles accepteront ou non les conditions de KirchSport AG.
«A notre connaissance, nous ne serons pas la seule télévision nationale à ne pas retransmettre l’événement», pronostique déjà Josefa Haas, responsable de la communication de SRG SSR idée suisse.
Il est vrai que les chaînes de télévision fustigent la situation monopolistique exploitée par KirchSport AG. En 1996, le groupe audiovisuel a en effet acheté à la FIFA le droit de diffusion des Coupes du monde 2002 et 2006.
Au début de cet été, suite à la faillite d’ISMM/ISL – détenteur des droits pour le reste de la planète – il s’est vu confier l’exclusivité des droits sur l’événement.
Résultat: le groupe allemand est désormais seul à pouvoir revendre les licences aux diffuseurs nationaux. Et ses tarifs s’en ressentent. Preuve en est que la SSR avait payé 1,5 million de francs suisses pour le Mondial 1998, en France.
Et pour la retransmission de la Coupe du monde de 2002 KirchSport AG, lui, réclamait une augmentation de l’ordre de 1000%.
Vanda Janka
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