Lausanne danse l’éclectisme
Le 4e Festival international de danse de Lausanne débute samedi et se déroule jusqu'au 4 octobre. Mot d'ordre: s'adresser au plus large public en lui présentant un panel des actuels courants chorégraphiques.
«Scratching the Inner Fields» du Flamand Wim Vandekeybus ouvre le festival et s’annonce comme le spectacle-phare. C’est un conte de fées et sorcières dans lequel sept danseuses, stimulées par des effets lumineux et sonores, se délivrent d’excès de charges émotionnelles.
L’édition s’achèvera dix jours plus tard par la chorégraphie «A Question of Distance», que le Lausannois Philippe Saire a lui-même écrite, il y a quelques mois à Dublin, pour le Dance Theatre of Ireland.
Philippe Saire, organisateur
«Après trois éditions sous la férule de Michel Bettex, explique Philippe Saire, j’ai éprouvé l’envie de développer moi-même l’événement. But avoué: placer notre festival lausannois dans un réseau d’envergure internationale, grâce à mes contacts croissants à l’étranger.»
Le message de Philippe Saire? «Dire au plus large public possible que la danse contemporaine n’est pas un style en soi, mais qu’il y a autant de chorégraphies différentes qu’il y a de créateurs».
«Mais aussi, poursuit l’organisateur vaudois, que la danse contemporaine n’est pas un art obscur, sinistre, hermétique ou encore intellectualisé à outrance». Contrairement à l’image que cette discipline véhicule encore trop souvent au sein de l’entendement public.
D’ailleurs, «les sept spectacles que j’ai programmés, se convainc Philippe Saire, peuvent assurément être appréciés par un très large public». Egocentrique avoué, Philippe Saire a choisi ses spectacles sur des coups de cœur. «J’ai besoin d’être touché par une performance pour me persuader qu’elle pourra ensuite émouvoir d’autres personnes.»
Un panel des différents courants
Par son choix de programmation, le grand ordonnateur de la manifestation désire offrir un panel des différents courants qui existent dans la danse contemporaine à l’heure actuelle. Donc, priorité à l’éclectisme plutôt qu’à un fil conducteur.
Outre le show très spectaculaire de Wim Vandekeybus, il est à mettre en exergue la maîtrise dans l’improvisation de Julyen Hamilton ou encore la très fine écriture sur le mouvement de Joanne Leighton. Au total, sept spectacles de sept compagnies venues de Belgique, de Grande-Bretagne, de France, d’Allemagne, d’Irlande et de Suisse.
Le Théâtre Sévelin 36 reste le centre névralgique de ce 4e festival, où vont défiler la plupart des productions. Un seul spectacle, celui de la Française Mathilde Monnier, est donné au Théâtre de l’Arsenic.
Enfin, pour l’aspect pédagogique, il est à noter que les chorégraphes Julyen Hamilton et Rémy Héritier vont animer des stages axés sur la notion d’espace et la démarche dans l’improvisation à l’Arsenic.
Emmanuel Manzi
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