Le cinéma suisse retient son souffle
Cinquième cérémonie du «Prix du cinéma suisse»: professionnels du cinéma et de la télévision se retrouvent mercredi soir à Soleure.
C’est la cinquième année que seront remis, en marge des Journées de Soleure, les «Prix du Cinéma suisse». Nouveauté 2002: la cérémonie n’aura plus lieu dans l’austère Konzertsaal, mais à la «Reithalle», plus vaste. Et plus riante également? On le souhaite.
Les «nominés»
La catégorie «Meilleur film de fiction», dotée d’un prix de 50.000 francs, inclut les cinq oeuvres suivantes: «Eloge de l’amour» de Jean-Luc Godard, «Escape to Paradise» de Nino Jacusso, «Happiness Is a Warm Gun» de Thomas Imbach, «Stille Liebe» de Christoph Schaub et «Utopia Blues» de Stefan Haupt.
Dans la catégorie «Meilleur documentaire», également dotée de 50 000 francs, on trouve «117 Police Secours» de Raphaël Sibilla, «Bashkim» de Vadim Jendreyko, «Venus Boyz» de Gabriel Baur, «War Photographer» de Christian Frei et «Yugodivas» de Andrea Staka.
20 000 francs iront au «Meilleur court-métrage». Les nominés 2002? «Die Wurstverkäuferin» de Oliver Paulus et Stefan Hillebrand, «Einspruch II» de Rolando Colla, «La jeune fille et les nuages» de Georges Schwizgebel, «Reise ohne Rückkehr» de Esen Isik et «Tous à table» de Ursula Meier.
Enfin, et pour la troisième fois, des prix d’interprétation seront également décernés (dotés de 15 000 francs). Côté dames, Sibylle Canonica («Mostly Martha»), Linda Olsansky («Happiness Is a Warm Gun»), Andrea Guyer et Carol Schuler («Lieber Brad») sont en lice.
Côté comédiens, ce sont Michael Finger («Utopia Blues»), Julien George («Potlatch»), et Mathias Gnädinger («Lieber Brad») qui s’affronteront.
Quel impact?
Le Prix du cinéma suisse est un projet commun de l’Office fédéral de la culture, de SSR-SRG Idée suisse, du Centre suisse du cinéma et des trois grands rendez-vous helvétiques du 7e art: le Festival International du Film de Locarno, le festival «Visions du réel» de Nyon et les Journées cinématographiques de Soleure.
Il s’agit bien sûr de récompenser les meilleurs représentants du 7e Art helvétique. Mais aussi, et peut-être surtout, de créer un événement susceptible de doper la carrière de certaines œuvres.
Bref, de faire un peu mousser un secteur qui en a bien besoin. Faut-il rappeler que le public suisse a beaucoup de difficultés à trouver le chemin des salles obscures lorsqu’il s’agit de productions helvétiques?
Au cours de ses quatre années, la manifestation est-elle parvenue à remplir cette deuxième mission? Pas vraiment. Ou en tout cas pas en Suisse francophone, où la tendance est plus que jamais de bouder le cinéma suisse. La Suisse romande de laquelle, par ailleurs, Soleure paraît bien loin: le désintérêt d’une bonne partie de la presse romande en témoigne.
La nomination de Jean-Luc Godard, cette année, changera-t-il quelque chose à la donne? Réponse très bientôt.
Bernard Léchot
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