Le cristal de Bohême en habits de lumière
L'exposition d'une centaine de pièces de verre gravé témoigne de l'âge d'or de cette pratique, en Allemagne et en Bohême aux XVIIe et XVIIIe siècles.
Si Venise est justement célèbre pour son art du verre, dès le XVe siècle, la cité des Doges ne l’est pas dans le domaine du verre gravé: le verre vénitien est bien trop fragile. C’est en Bohême et en Prusse, aux XVIIe et XVIIIe siècles, que naquit un nouveau type de verre, solide et susceptible d’être travaillé dans la masse, sans que sa transparence en pâtît.
Ce «cristal de Bohême» permit aux tailleurs et aux graveurs de porter leur art à un degré de perfection, qu’attestent la centaine de pièces exposées au Musée Ariana à Genève.
La lumière ciselée
Elles proviennent de la collection lucernoise Buchecker, du nom de Leonhard Buchecker, graveur sur verre bavarois, venu exercer à Nidwald à la fin du XIXe siècle.
La collection familiale compte mille pièces de verre gravé ou taillé, du XVIIe au XXe siècle. Les coupes, les coupes couvertes, les gobelets et autres coupelles placés dans des vitrines tapissées de gris sombre arborent un décor fouillé, dont des détails agrandis sont représentés par des photographies.
La manifestation s’intitule «La lumière ciselée», manière d’inclure dans l’art des verriers et graveurs le bon usage de l’éclairage, propre à faire reluire les facettes, lentilles et olives, et à mettre en évidence la finesse du dessin: figures allégoriques, bosquets et amours combinent l’évanescence et une présence bien réelle.
Laurence Chauvy
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