Le français gagne du terrain en Suisse
Depuis 1990, la proportion de la population dont la langue principale est le français a bien progressé. C'est ce que montrent les chiffres du recensement 2000.
La part de l’allemand reste stable, alors que l’italien et le romanche reculent.
La Suisse compte en tout quarante langues parlées par plus de mille personnes.
La part de l’allemand est restée à peu près stable à 63,7%, alors que l’italien et le romanche ont légèrement reculé et représentent désormais respectivement 6,5% et 0,5% de la population, selon les chiffres publiés jeudi par l’Office fédéral de la statistique (OFS).
Le nombre de personnes dont la langue principale est le français a augmenté de 12,4% pour atteindre 1,49 million.
Cette progression s’est produite surtout dans les cantons de Genève et de Vaud, mais aussi dans les parties francophones des cantons du Valais et de Fribourg, ainsi que dans la plupart des cantons alémaniques.
La part du français a progressé aussi bien pour la population de nationalité suisse que pour la population résidante étrangère.
La part des Suisses parlant l’allemand a de son côté légèrement diminué, mais ce recul a été largement compensé par la forte progression des étrangers parlant l’allemand.
Intégration linguistique des étrangers
«L’amélioration très nette de l’intégration linguistique des étrangers est l’une des grandes tendances des années 90», selon l’OFS.
C’est ainsi que la proportion d’étrangers parlant une langue nationale comme langue principale est passée de 56,7% à 62,3% en dix ans. A noter qu’au sein de la population étrangère, la part des italophones est tombée de 23,7% à 14,8%.
Le nombre d’italophones est par contre en hausse au sein de la population de nationalité suisse. Il a augmenté de 20 000 unités pour atteindre 249 000 personnes.
Cette augmentation s’est produite principalement dans le canton du Tessin (+ 19 000), au détriment de l’allemand. Dans le canton des Grisons, la part de l’italien continue de diminuer.
Erosion ralentie du romanche
L’érosion du romanche s’est poursuivie à un rythme quelque peu ralenti. Le nombre de personnes dont la langue principale est le romanche a reculé de 11,4% à 35 100 personnes. Dans cinq communes des Grisons, la majorité linguistique est passée du romanche à l’allemand.
Cette tendance s’observe depuis 1970. Les communes dont la majorité linguistique a basculé représentent toutefois une population nettement moindre dans les années 1990 que dans les années 1980.
Bien que la proportion d’étrangers soit passée de 18,1% en 1990 à 20,5% en 2000, la part des langues non nationales est restée stable, aux alentours de 9%. La distribution a par contre évolué.
La part relative de l’espagnol, du portugais, du grec, du turc et de l’arabe a diminué. Inversement, l’albanais, le russe et les langues africaines ont sensiblement progressé.
En 2000, la Suisse comptait en tout quarante langues parlées par plus de mille locuteurs. L’anglais n’a que très légèrement progressé depuis 1990 (0,1%). Cette langue se concentre à Zurich et Bâle et dans la région lémanique.
swissinfo avec les agences
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