«Le professionnel» aux Diablerets
Fin ce week-end du Festival International du Film Alpin des Diablerets, qui a bénéficié pour sa 31e édition de l'aura d´un parrain prestigieux: le cinéaste français Georges Lautner.
On lui doit la fameuse série des «Monocle», avec le regretté Paul Meurisse. Il a lancé l’érotissime Mireille Darc avec «La grande sauterelle», puis participé au bétonnage des carrières de Belmondo et Delon: «Il était une fois un flic», «Flic ou voyou», «Le guignolo», «Le professionnel», c’est lui…
Aux Diablerets, le Niçois Georges Lautner a donc le statut de «parrain». C’est-à-dire? «Parrain, cela veut dire que tout le monde est gentil avec moi, que tout le monde veut me faire plaisir, que tout le monde m’invite, me gâte, m’organise des journées somptueuses… Parrain, cela veut dire béni des dieux et béni des habitants des Ormonts!» s’enthousiasme le cinéaste.
Cherchant une personnalité de renom pour «porter» la manifestation, les organisateurs ont jeté leur dévolu sur Georges Lautner. Celui-ci avait découvert les Diablerets en 74, lors du tournage de «Pas de problème», avec notamment Jean Lefèbvre, Miou-Miou, Henri Guibet, Maria Pacôme… Depuis, il y est revenu à plusieurs reprises: une fois pour y réaliser une pub, une autre en tant que membre du jury du festival, et aussi pour ses vacances en famille, à cause de la beauté des lieux et de la qualité de ses habitants: «Il faut avoir la santé pour suivre les petits décis de vin blanc à longueur de journée! Je plaisante, mais les gens sont très cool, très gentils… on a été conquis».
A 74 ans, l’ancien chasseur alpin Georges Lautner ne va plus au cinéma, mais s’enflamme pour les festivals: «Les festivals, c’est une manière de nous obliger à sortir de chez nous, et de nous forcer à voir des films qu’on n’irait pas voir dans la vie courante. Un festival qui cadre juste la montagne, c’est inespéré. On l’aime tous, la montagne, à des degrés différents. C’est la découverte d’un nouveau monde. Un monde à part, qui a ses règles, ses joies immenses, ses difficultés, et une fraternité formidable».
Dernier film en date de Georges Lautner: «L’inconnu dans la maison», avec un remarquable Belmondo buriné, dans le rôle d’un vieil avocat imbibé par l’alcool, et qui soudain retrouve la grâce… Un film qui fut boudé par le public, déboussolé par un Belmondo très éloigné de son image traditionnelle. Georges Lautner envisage-t-il de se relancer dans un nouveau tournage?
«Je suis en train d’écrire et, j’espère, de préparer un film. Plutôt dans la lignée de La maison assassinée; sur un récit du même auteur, Pierre Magnan. Un film qui se passerait dans les Basses-Alpes, à la fin de la guerre de 70… La petitesse des mentalités dans un village, les notables qui ne savent pas d’où va venir le vent. C’est la période où toutes les trahisons sont permises». Un célèbre animateur de télévision s’intéresse à le produire. Et également à en composer la bande-son, ainsi qu’à y tenir un rôle… Des plans seront-ils tournés aux Diablerets? C’est plutôt vers Tendes et Brigue que le réalisateur mène ses repérages.
Bernard Léchot
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