Le téléfilm s’achète à Genève
En marge de sa 7e édition, le festival «Cinéma tout écran» a mis sur pied le «Geneva Select Market», 1er marché international du film en Suisse.
Courts et longs métrages confondus, «Cinéma tout écran», qui se termine ce dimanche soir, a proposé environ 300 films que le public a pu découvrir à l’occasion du festival. Mais pourquoi s’arrêter là? Ces œuvres, sélectionnées avec soin, sont évidemment susceptibles d’intéresser des acheteurs, c’est-à-dire les chaînes de télévision, puisque le petit écran est le créneau choisi par la manifestation.
Il y a un moment que le Festival de Locarno a créé son propre marché du film, mais celui-ci est orienté vers les distributeurs de cinéma. Alors que les Journées cinématographiques de Soleure ne drainent quasiment aucun acheteur étranger, Genève ouvre donc la voie en Suisse dans le secteur du téléfilm.
Films suisses et étrangers
«Ce que nous proposons est une grande sélection de films internationaux, même si le but premier est de promouvoir le cinéma suisse. Mais créer un marché exclusivement consacré au cinéma helvétique serait rébarbatif. Il faut être le plus large possible dans l’offre de films pour intéresser un maximum de personnes, tout en étant sélectif et garder une crédibilité» explique Laetitia Guinand, l’une des organisatrices.
Ce marché du film est organisé avec la collaboration du Centre suisse du cinéma, qui a pour charge de représenter le cinéma suisse à l’étranger, et dont la tâche n’est pas toujours facile. «Quand on invite les acheteurs chez nous, on est mieux à même de faire du lobbying, de bien présenter les films aux clients potentiels, et de les convaincre».
Confort et convivialité
L’espace réservé au ‘Marché’ comporte 25 box de visionnements (magnétoscope et monitor), et des bars propices aux rencontres. Cerise sur le gâteau: un conseiller juridique – un avocat, issu d’un cabinet français spécialiste des droits audiovisuels – est à la disposition des acheteurs et des ayants droit.
«A Genève, ce qu’on a voulu privilégier, c’est la convivialité, la tranquillité et l’efficacité. A Cannes, par exemple, où se tient le MIP-TV (Marché international des Programmes de Télévision, ndlr), il faut louer des stands, solliciter à droite et à gauche, c’est très stressant. Nous souhaitons offrir de meilleures conditions de travail» précise Laetitia Guinand.
Une approche qui semble convaincre: une trentaine d’acheteurs internationaux ont répondu à l’appel du «Geneva Select Market», dont des représentants de chaînes françaises (Arte, Canal +, TV5), hollandaise, allemande, britannique, portugaise, canadienne, etc.
Peut-on déjà parler de succès? C’est sans doute prématuré. Car tout dépend maintenant du nombre d’achats qui auront bel et bien eu lieu à Genève, et parmi ceux-ci, combien de films suisses auront été négociés.
«C’est là notre inquiétude. Parce qu’on a évidemment envie que cela serve à quelque chose, que ce ne soit pas simplement un marché supplémentaire» conclut Laetitia Guinand.
Bernard Léchot
En conformité avec les normes du JTI
Plus: SWI swissinfo.ch certifiée par la Journalism Trust Initiative
Vous pouvez trouver un aperçu des conversations en cours avec nos journalistes ici. Rejoignez-nous !
Si vous souhaitez entamer une conversation sur un sujet abordé dans cet article ou si vous voulez signaler des erreurs factuelles, envoyez-nous un courriel à french@swissinfo.ch.