Le Théâtre Am Stram Gram offre un écrin aux «Bijoux de la Castafiore»
A Genève, Dominique Catton et Christiane Suter signent, en création mondiale, l'adaptation théâtrale de l'album d'Hergé. Et animent, mieux que n'importe quel film, Tintin.
«Mille millions de mille sabords!!!», voici donc la Castafiore sur une scène, une vraie, celle de l’Am Stram Gram de Genève où Dominique Caton et Christiane Suter donnent corps à la fameuse diva d’Hergé et signent, en création mondiale, l’adaptation scénique de l’album le plus théâtral du dessinateur belge.
Soit donc «Les bijoux de la Castafiore», un huis-clos réduit aux dimensions du château de Moulinsart où débarque, au grand dam du capitaine Haddock (Jacques Michel) et pour le bonheur du professeur Tournesol (Nicolas Rinuy), Bianca Castaphiore (Kathia Marquis) flanquée de ses bijoux qu’elle perdra et retrouvera grâce à cet ingénieux enquêteur qu’est Tintin (Jean Liermier).
Dans cette adaptation, Catton, Suter et leur scénographe Gilles Lambert ont plutôt réussi leur pari: animer une BD et montrer, mieux que n’importe quel film, les rouages de cette animation.
Théâtralité affichée
De ce point de vue, leur mise en scène est un exploit: à la juxtaposition des cases sur le papier, correspond sur le plateau un enchaînement de séquences qui s’opère avec une fluidité époustouflante.
Le spectacle fonctionne ainsi comme une boîte de pandore où des éléments d’une première scène (le parc de Moulinsart, la roulotte des romanichels…) se retrouvent dans la deuxième, avec, à chaque fois, l’étonnement des spectateurs devant une découverte inattendue. A cette prouesse technique, s’ajoute une tentative de clonage où les acteurs offrent, grâce à leurs costumes et leurs coiffures, la reproduction exacte des personnages d’Hergé.
Craignant sans doute un mimétisme trop plat, les deux metteurs en scène ont voulu creuser l’écart entre les comédiens et leur équivalent iconographique par le recours à une théâtralité affichée: gestes et déplacements se figent parfois inopinément offrant la perspective d’un arrêt sur image. Comme si cette théâtralité était le destin fatal et vivant de toute représentation. Surtout celle des «Bijoux» où la parade compte bien plus que l’intrigue après tout inexistante dans cet album d’Hergé.
Ghania Adamo
«Les bijoux de la Castafiore» à Genève, Théâtre Am Stram Gram, jusqu’au 24 novembre. Tel: 022/ 735 79 24
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