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«Les Cantates» peinent à trouver leur voie

Des arlequinades parfois appuyées. www.batie.ch

Invité par le Festival de la Bâtie, le metteur en scène français François Tanguy présente sa dernière création. Décevante.

A voir à Ferney-Voltaire, près de Genève, jusqu’au 12 septembre.

Dans un décor qui ressemble à un réfectoire de collège laissé à l’abandon, François Tanguy a mis en place ses rêves. Devant un public mi-amusé, mi-crédule, il convoque donc sur scène une multitude de fantômes.

Ceux qui visiblement habitent sa mémoire d’artiste: personnages de Shakespeare, de Dante, de Brecht… Ceux aussi qui hantent son esprit de battant écœuré par les guerres injustes qui ont ensanglanté le XXe siècle.

Petit rappel: François Tanguy avait observé, à Paris, une grève de la faim, à la suite des massacres de Srebrenica. Sa faim ici est celle d’un monde où les mirages de l’illusion chasseraient les forces du mal à coups de voltiges, de valses lentes.

De musique, aussi, empruntée à Bach, Beethoven, Brahms, Verdi… Et de mots, enfin, piochés dans les grands textes de la littérature universelle.

Le tout constitue une polyphonie qui lorsqu’elle se déploie en douceur justifie le titre mélodique du spectacle, «Les Cantates». Ou, au contraire, occulte les intentions du metteur en scène quand les voix de ses acteurs, hurlant leur texte à tue-tête, croisent une symphonie de Sibelius dénaturée par l’intensité du volume.

Fantômes et délires

Nombreux sont les auteurs ou metteurs en scène qui se sont frottés aux fantômes.

On pense aux «Paravents» de Jean Genet ou au «Cadavre encerclé» de Kateb Yacine. On pense surtout aux spectacles du célèbre metteur en scène polonais Tadeusz Kantor (mort il y a une dizaine d’années), exceptionnel dompteur d’illusions.

Mais là où Genet, Yacine et Kantor prennent par la main les spectres pour faire dialoguer la petite et la grande Histoire, François Tanguy les laisse flotter au gré de ses délires et au détriment du sens qu’il a beaucoup de mal à construire.

Ici, se lamente, sous une couronne de papier, Lear, le roi déchu de Shakespeare. Là, se contorsionne un personnage de «L’Enfer» de Dante que l’on croit sorti d’une comédie de Goldoni, tant ses arlequinades sont appuyées.

Plus loin, deux soldats, au visage défiguré par un masque, croisent le fer. Et ainsi de suite… Une série de séquences sans liens entre elles, jetées sur scène comme les pièces d’un puzzle qui ne trouvera jamais sa forme finale.

swissinfo/Ghania Adamo

«Les Cantates». Festival de la Bâtie, Château de Voltaire, sous chapiteau. A Ferney-Voltaire (France) jusqu’au 12 septembre. Tel: 022 / 738.19.19.

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