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Les films à la patte d’un caméléon

«Comme un caméléon» : sous ce titre prétexte, le ciné-club Passion Cinéma, qui anime régulièrement les salles de La Chaux-de-Fonds, Lausanne et Neuchâtel, cache un hommage à Robert DeNiro.

«Comme un caméléon»: sous ce titre prétexte, le ciné-club Passion Cinéma, qui anime régulièrement les salles de La Chaux-de-Fonds, Lausanne et Neuchâtel, cache un hommage à Robert DeNiro. Une initiative réservée (pour l’instant) à la capitale vaudoise, qui couronne le succès au «fous-riromètre» que rencontre le dernier film du fantastique comédien, «Mafia Blues».

Si on peut infiniment préférer les versions originales sous-titrées aux versions doublées, il y a des jours où l’on remercie d’autant plus l’inventeur du sous-titrage. Pour céder à cette génuflexion, il suffit de se rendre dans n’importe quelle salle de n’importe quelle ville romande qui projette actuellement «Mafia Blues» (en anglais «Analyse This»). Les fous rires sont tels, de même que les spectateurs qui tapent du pied ou manquent de s’étouffer, qu’il serait impossible de comprendre la moitié des répliques sans l’assistance du texte.

Qu’est-ce qui provoque une pareille hémorragie? Qu’est-ce qui fait à ce point glapir une audience qui ne découvre pourtant pas l’existence de l’humour drôle à cette occasion? Le scénario, c’est certain, la mise en scène, un peu, mais surtout Robert DeNiro. L’acteur stakhanoviste se livre à un désopilant jeu d’autoparodie. D’un froncement de sourcil, d’un mot ajusté ou d’un geste, il construit rien de moins que ce qui pourrait s’avérer être la comédie de l’année. Du moins pour les spectateurs romands qui semblent en raffoler.

Le film repose sur une idée simple comme bonjour : un psy new-yorkais blasé (Billy Crystal) voit un jour débarquer dans son cabinet un client plutôt stimulant : Paul Vitti (Robert DeNiro), un gros bonnet de la mafia. Pointure de la pègre, il est victime d’attaques de panique et pleure à tout bout de champ. Cette dépression caractérisée est évidemment très gênante puisque Vitti doit prochainement être reconduit parrain de la côte Est. Porteur de toute sa mythologie, en particulier de celle construite par les films de gangsters signés Martin Scorsese, DeNiro s’en donne à coeur joie.

L’occasion de cet événement cinématographique était trop beau pour que le ciné-club Passion Cinéma passe à côté. Au programme du cycle qu’il organise à Lausanne, une série de films qui soulignent que l’acteur n’est jamais meilleur que lorsqu’il est habilement dirigé. Y compris par lui-même puisque Passion Cinéma glisse le film modeste et attachant réalisé par DeNiro lui-même et où il s’octroie un petit rôle (non sans avoir appris longuement à conduire des bus scolaires): «Il était une Fois le Bronx».

Thierry Jobin

Mafia blues (Analyze This), de Harold Ramis, avec Robert DeNiro, Billy Crystal, Lisa Kudrow, Joe Viterelli. Actuellement dans les salles.

Cycle «Comme un caméléon». Lausanne, Les Galeries du cinéma. Séances à 18 h 30 en version originale sous-titrée. www.metrocine.ch. Programme: «Mad Dog and Glory» de John McNaughton (du me 6 au ma 12.10), «Jackie Brown» de Quentin Tarantino (du me 13 au ma 19.10), «Il était une fois le Bronx» de Robert DeNiro (du me 20 au ma 26.10) et «Frankenstein» de Kenneth Branagh (du me 27.10 au ma 2.11).

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