Maurice Béjart, le même et un autre
Le BBL s'apprête à donner une douzaine de spectacles à Lausanne. Avec une création mondiale qui ne sera dansée qu'une seule fois: le 23 décembre.
Une seule et unique fois le Béjart Ballet de Lausanne donnera, en effet, en première mondiale la nouvelle création «Le même et un autre». C’est ce qu’a révélé l’immense et génial chorégraphe lausannois, Maurice Béjart, mardi au Presbytère, à Lausanne.
Ce même soir du 23 décembre, juste avant «Le même et un autre», le BBL aura dansé «Symphonie pour un homme seul», que Maurice Béjart a créée en 1955. «Voyez, c’est toujours moi! En même temps, ce n’est plus tout à fait moi, quand je revois cette chorégraphie de 1955».
Des cadeaux offerts au gens
«Le même et un autre» est donc un spectacle pour dire en quoi je suis le même et un autre». Est-ce là toute l’évolution de Maurice Béjart? «L’évolution implique une montée. Or, dans la vie, on ne fait pas que progresser», répond Maurice Béjart. «On monte et on descend. Je préférerais donc parler de changement».
Rien d’autre n’a filtré de cette création mondiale, sinon que Maurice Béjart apparaîtra dans le ballet, ainsi qu’un nouveau duo, Octavio Stanley et Ivana Baresic, l’école-atelier Rudra et une comédienne lilliputienne de grand talent, Mireille Mossé, qui a récemment joué au Théâtre de Vidy, sous la conduite de Joël Jouanneau.
Reste que le mot «rétrospective» n’intéresse pas Maurice Béjart, quand bien même il gratifie le public suisse d’une douzaine de ses plus belles oeuvres, du 10 au 23 décembre. «Même les ballets anciens, je les retravaille, je les revois. Toutes mes créations sont autant de cadeaux que j’offre au gens. A eux de faire leur choix».
Aimer au sens large
Une création résume-t-elle plus particulièrement Maurice Béjart? «Ce n’est pas moi qui peut apporter ce type de réponse. Lorsque l’on est petit, ce sont les parents qui vous décrivent, puis vos amis. Aujourd’hui, ce sont les critiques et le public.»
Pour créer, Maurice Béjart a besoin d’aimer. «Aimer au sens grand, large et noble du terme. On ne peut pas travailler sans amour. C’est comme cela pour tout créateur. ‘L’amour est le moteur du monde’ devait écrire Dante dans son dernier vers de la Divine Comédie».
Une passion pour les interprètes
«Et c’est vrai que les interprètes sont mes maîtres, poursuit le chorégraphe. J’ai créé pour Jorge Donn et Rudolf Noureev, mais aussi pour des musiciens comme Igor Stravinski. Sans lui, je ne me serais pas découvert. J’ai fait dix ballets sur sa musique.»
Quant à Barbara, la chanteuse, elle est pour Béjart, une amie de toujours. «Nous nous étions rencontrés au début des années 1960. Le temps passe».
«Je danse, je fais danser les gens, mais je ne saurai définir ce qu’est la danse, conclut Maurice Béjart. Il y a bien sûr la notion de théâtre et celle du sport dans la danse».
Et surtout, «la danse est intimement liée avec la musique, mais elle n’est pas pour autant la musique». «Je ne puis non plus dire que la danse est de la musique visuelle, puisqu’il y a des ballets fantastiques sans musique».
Après avoir triomphé à Paris et en Chine, le BBL revient à Lausanne et convie le public suisse à voyager en danse. En Grèce, en Andalousie, en Russie et en France aux temps des rois. Sans oublier de pénétrer par le mouvement l’âme de ces interprètes qui ont marqué à jamais la grande chanson française, Brel et Barbara.
Emmanuel Manzi
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